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Face à la désaffection du Peuple à l’encontre du pouvoir, fortement accentuée par les dérives dans la communication notées ces derniers temps, se pose de manière urgente la question de savoir ce que vaut encore l’image auprès du public d’une parole politique calibrée dans les limites d’un paradoxe qui, jalonnant l’affaire du pétrole et du gaz, apparaît comme une des principales causes de la défiance des citoyens sénégalais à l’endroit de nos institutions, et de l’exécutif particulièrement.
Depuis cette affaire Petro Tim, nous notons l’apparition dans la sphère publique d’un «populisme médiatique» incarné par une masse anti-élite organisée autour des réseaux sociaux notamment, et qui présente une grande variété de stratégies de réponse à l’Etat ; ce qui révèle un indicateur précis du niveau d’éveil du Peuple.
En effet, ce qui s’agite depuis quelques semaines sur les toiles des espaces de communication a fini de nous convaincre que le citoyen sénégalais est en quête d’authenticité dans la gestion des affaires publiques. Il recherche l’intégrité, la transparence ainsi que l’équité dans les décisions que prend l’Etat.
Face à cela, un exercice périlleux s’impose dans la gestion de la communication de l’Etat, et dont les failles notées il y a quelques jours ont fini de nous convaincre de la nécessité d’un engagement dans la voie de l’éthique ; d’une éthique en communication qui aide à la «fonction conseil», en tant qu’elle demeure un cadre de référence qui entre dans l’appréciation de l’image positive de la profession de conseiller-porte-parole.
Cette introduction de l’éthique en communication constitue ainsi une valeur ajoutée dans l’exercice du métier de «communicant» ou de «porte-parole», jouant un rôle essentiel dans le travail du responsable autorisé à prendre parole, eu égard au fait que c’est l’éthique qui gère et guide les choix, en définissant le champ des responsabilités, des droits et des devoirs. N’oublions pas que le «porte-parole», par exemple, parce qu’il est «autorisé à prendre la parole», ne doit pas dire n’importe quoi. Ne serait-ce que parce que la parole relève d’un art. Il ne s’agit pas d’une mise en scène pour obtenir le plus grand écho médiatique, en faisant le buzz sur les réseaux socio-numériques, ni de jouer à la controverse politique par la transgression verbale, mais de comprendre que dans une situation de crise qui engage l’avenir de l’Etat, il faille appliquer le mieux possible les principes et normes qui nous interpellent au plus concret de la situation actuelle que nous traversons.
Et ce que nous vivons depuis quelques jours, avec cette actualité liée à la gestion de nos ressources énergétiques nous place dans une situation assez inconfortable, dans la mesure où on ne sait pas exactement où se situe la vérité en définitive. La vérité se trouve-t-elle dans le camp du pouvoir ? Ou, au contraire, les accusations de corruption sont-elles avérées ?
Toujours est-il que dans les deux cas, nous notons une égale exigence d’éthique. Car s’il est vrai que les principes moraux nous contraignent intérieurement à vouloir y voir clair dans les choses qui relèvent du bien public, pour autant, la crainte de la sanction de l’Exécutif ne doit pas obliger à soutenir le mensonge politique. C’est peut-être à ce niveau que se situe le piège du discours politique en situation de crise que malheureusement, l’ancien porte-parole du prince n’a pas su éviter.

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