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Tirs croisés entre le camp de Badara Mamaya Sène et celui de son successeur Daouda Niang. Quand le premier parle de gestion catastrophique de la mairie depuis 2012, le second y voit une démarche d’aigri qui ne digère toujours pas la défaite. Le dernier épisode s’est joué mardi et mercredi avec le mouvement de la jeunesse de l’Arc de Badara Sène qui dénonce «60 conseillers spéciaux» enrôlés à ne rien faire par Daouda Niang. La mairie réfute de «fausses allégations».

Les jeunes de l’Alliance républicaine pour la citoyenneté (Arc) peignent un pâle tableau de la gestion de l’actuelle équipe municipale, emboitant ainsi le pas à leur mentor Badara Mama­ya Sène qui ne rate jamais l’occasion de décrier la gestion de son successeur Daouda Niang. En premier lieu, «le fait qu’on paye des conseillers à ne rien faire», ont-ils fait savoir mardi lors d’une rencontre à la permanence de leur formation politique.  «Ils sont 60 conseillers à percevoir chaque mois entre 300 mille et 500 mille cha­cun.  Cet argent pouvait  être utilisé à d’autres fins parce que Rufisque en a besoin», a fustigé au sortir de la rencontre, Mbaye Lèye, le porte-parole du jour, avisant de la présence parmi ceux-ci, de «con­seillers municipaux».
«Comment un conseiller municipal peut en même temps jouir du statut de conseiller spécial ? Nous interpellons directement  l’Etat sur ce fait», a-t-il annoncé. Poursuivant son réquisitoire contre la gestion de l’actuel maire, M. Lèye s’est attaqué au compte administratif dernièrement voté en conseil municipal et qui selon lui est truffé d’incohérences. «Les chiffres étalés sur le compte administratif  constituent un grave détournement d’objectifs et du faux en écriture», a-t-il expliqué, relevant à ce titre au nombre des irrégularités, «des centaines de millions comme subvention aux Asc, le 1 milliard 300 millions de la Sococim, les subventions aux étudiants,…» Pour les jeunes de la formation de Badara Mamaya Sène, leur leader qui a porté «le budget de l’assainissement et du nettoiement à 1 milliard 300 millions, injecté 1 milliard 100 millions dans le domaine de la santé»,  a fait ses preuves durant son mandat. Pas de comparaison possible pour eux, avec la nouvelle équipe qui, malgré «le recouvrement de 4,5 milliards par an», ne vit que de slogans. «Les Assises de Rufisque, le carré d’or, Rufisquegate, ne sont que des slogans. Aucun acte n’a été posé par l’actuelle équipe à court d’arguments pour répondre aux aspirations des Rufisquois», ont-ils estimé.

La mairie ahurie par des propos aussi «fallacieux»
La réaction n’a pas tardé du côté de la mairie, où on se dit «ahuri» par de telles déclarations. «Des conseillers spéciaux c’est quelque chose de banal. On en trouve partout, que ce soit à la présidence de la République, à l’Assemblée nationale ou dans les communes les plus reculées», a précisé mercredi Moussa Guèye, le chargé de la communication à la mairie. Pour autant, a-t-il tenu à éclairer sur les faux chiffres de soixante. «Nous avons juste 9 conseillers spéciaux qui sont compétents dans des domaines  pointus tels que la fiscalité», a fait savoir le chargé de la communication, réfutant de même les extrapolations sur leurs salaires. «Il est malsain et indécent de se focaliser sur les salaires de ces gens qui sont utiles à la ville. Ils perçoivent  bien en deçà de 500 mille francs», a affirmé M. Guèye. Justifiant le recours à cette expertise, il a soutenu : «Rufisque vit de ses patentes et il se trouve que beaucoup d’entreprises trichent avec le fisc, il nous faut donc des gens à l’expertise avérée pour trouver les niches où se cache l’argent de la ville pour le récupérer.» Faisant dans la raillerie, le communicant de mettre les agissements de Badara Mamaya Sène et ses affidés sur le compte «des souvenirs douloureux des moments de joie passés à la tête de la mairie».
Le porte-parole du maire Daouda Niang met pour sa part les problèmes que vit la mairie sur le compte de l’amateurisme du maire sortant. «Feu Ndiawar Touré avait laissé 800 employés à la mairie et Badara Sène les a portés à 1 600 ; ce qui impose à la mairie une masse salariale de 2 milliards 400 millions par année», a dénoncé Amadou Sène, qui dénonce un mauvais recrutement composé de «badauds et autres personnes sans compétence». «Si le recrutement (de Badara Sène) été de qualité, il n’y aurait pas de problèmes au point recourir à des conseillers spéciaux», a estimé celui qui est, selon son propos, avec Abdourahmane Diouf de Rewmi et Omar Cissé de Vision Rufisque, «les seuls conseillers municipaux bénéficiant du statut de conseiller spécial». Le Plan de développement urbain durable (Pdud), qui prend en charge l’ensemble des préoccupations de la ville d’ici 2035, est la ligne directrice que s’est tracée la nouvelle équipe, qui ne veut pas «se faire distraire par des  aigris », dit-on du côté de la mairie.
abndiaye@lequotidien.sn

1 COMMENTAIRE

  1. Les rufisquois n’ont pas besoin d’une guerre de chiffonniers mais de responsables avec une vision pour sortir notre ville de ce marasme endémique.
    Rien n’est fait pour résoudre l’insalubrité, la gabegie avec ce pléthore de personnels dans les différentes institutions municipales et départementales.
    Développer des stratégies et user de la persuasion pour recouvrer et aménager la ville.

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