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L’ancien ambassadeur du Sénégal en Gambie pense que Yahya Jammeh va entendre raison lors de la visite du Président Muhammadu Buhari à Banjul. Mamadou Fall est d’avis qu’il faut «faire des concessions» en  assurant une amnistie judiciaire à Jammeh et son entourage. Ce que réfute Seydina Oumar Sy, ancien ministre des Affaires étrangères. Qui parle de suivre les directives de la Cedeao.

L’éventualité d’une intervention militaire de la Cedeao dirigée par le Sénégal pour déloger Yahya Jammeh prend de l’ampleur de jour en jour. Mais pour l’ancien ambassadeur, Mamadou Fall, «avec la pression internationale,  on n’en sera pas à une intervention militaire». Pour celui qui a passé 6 ans en Gambie, Yahya Jammeh «est un garçon intelligent. Il négocie une porte de sortie». Persuadé que la visite du Président nigérian Muhammadu Buhari va changer les choses, Mamadou Fall demande de surseoir aux éventuelles poursuites judiciaires contre Jammeh et son entourage pour éviter une intervention militaire. «Je pense que quand le Président Buhari sera en Gambie, Jammeh va lâcher du lest. Je crois qu’il faut faire des concessions. Il faut voir s’il est possible de lui assurer avec son entourage un avenir judiciaire. Il faut pardonner et ne pas oublier. Je suis optimiste», a-t-il déclaré. Ce que l’ancien ministre des Affaires étrangères ne partage pas. Pour Seydina Oumar Sy, il est hors de question de faire le moindre compromis. «Le communiqué de la Cedeao me semble très clair. Nous vous (Yahya Jammeh) avons montré un chemin qui est balisé, vous le suivez c’est bon. Assumez les conséquences de ce qui va arriver si vous ne suivez pas. Nous allons installer Adama Barrow qui a été déclaré élu par les autorités compétentes», a analysé Seydina Oumar Sy. Quoi qu’il en soit, l’homme fort de Banjul semble ne pas être prêt à céder le pouvoir. Pour ne plus vivre ces situations, Mamadou Fall en appelle à la doctrine de Senghor. Ce dernier, selon l’ancien ambassadeur du Sénégal en Gambie, avait prôné la mise sur pied des cercles concentriques régionaux pour en arriver à une unité africaine basée sur l’intérêt économique. A l’image du contentieux sénégalo-mauritanien dont le conflit armé a été évité grâce aux intérêts économiques des 2 pays via l’Omvs. Ces propos ont été tenus lors de la 2ème édition de l’Agora diplomatique.
mgaye@lequotidien.sn

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