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Le Président Sall, qui présidait mercredi l’ouverture de la conférence africaine sur «La propriété réelle des entreprises extractives», a encouragé le débat sur les hydrocarbures, mais il veut qu’il «soit encadré pour éviter d’ennuyer le pays sur des questions qui n’ont pas lieu d’être».

Le président de la République n’a pas, lui aussi, utiliser de gants pour s’en prendre aux détracteurs des contrats liant l’Etat à certaines entreprises extractives. Embouchant la même trompette que son ministre des Mines et de la géologie, Sophie Gladima, Macky Sall a dénoncé des dérapages dans le débat sur le pétrole et le gaz. En effet, relève le chef de l’Etat, certains se permettent «d’écrire un ouvrage ou de publier dans les réseaux sociaux que le gouvernement a fait perdre à son pays 100 milliards de dollars dans une opération, alors que nous sommes en phase d’exploration. Et il est clair que dans la phase d’exploration et même de développement, il n’y a pas de taxe. C’est la loi, c’est le Code pétrolier qui le dit. Et pendant des mois, le pays est tenu en haleine sur de faux problèmes». A son avis, «il est quand même bon que le débat soit ouvert, mais il faut qu’il soit un débat où les gens qui parlent savent de quoi ils parlent, parce que le pétrole et le gaz, c’est du sérieux. Et qu’on ne se permette pas tous les matins d’occuper les médias sur des considérations complétement fallacieuses». «De grâce, que ceux qui ne savent pas aillent s’informer», lance-t-il. Avant de plaider ainsi «pour un débat objectif, transparent et encadré pour éviter d’ennuyer le pays sur des questions qui n’ont pas lieu d’être».
La veille, c’est-à-dire le mardi, Mme Gladima disait lors d’un panel sur le secteur extractif que les organisations de la société civile désinforment plus qu’elles n’informent, parce que leurs membres n’ont pas la technicité et ne sont pas au même niveau d’information et de formation.
Le Président Sall informe ainsi que les chefs d’Etat se battent au sein de l’Union africaine pour que les Codes soient harmonisés. Il explique : «Les pays se sont faits la concurrence de manière anarchique. Ce qui n’est pas dans l’intérêt du continent. Il faut donc, quelque part, qu’il y ait un travail d’harmonisation des législations. Non pas que les compagnies ne doivent pas gagner de revenus, parce que sans elles, nous ne pouvons exploiter nos ressources. Nous n’avons ni les capacités financières ni celles techniques pour aller à 2 000 mètres de profondeur des océans, à 200 km des côtes et sortir le gaz qui est enfoui à plus de 5 000 mètres. Nous n’en avons pas les capacités. Donc, il s’agit d’un partenariat. Il y a des acteurs qui sont outillés pour ce genre de travail et les Etats doivent travailler de concert, mais dans un partenariat gagnant-gagnant.»
Dans ce cadre, il a promis de soumettre trois projets de loi à l’Assemblée nationale au courant du mois de décembre prochain. Il s’agira du projet de loi portant nouveau Code pétrolier, du projet de loi portant partage des revenus issus de l’exploitation future du pétrole et du gaz, et d’un troisième projet de loi qui va définir le contenu local dans le cadre de l’exploitation du pétrole et du gaz au Sénégal.
De surcroît, assure le Président, le Sénégal a adhéré en juillet 2018 au partenariat pour un gouvernement ouvert pour plus de transparence dans l’action publique, une implication plus soutenue des citoyens au processus décisionnel. Toutes ces initiatives confirment l’engagement du Sénégal à asseoir définitivement une gestion transparente des ressources naturelles.
C’est sans doute la raison pour laquelle le Conseil d’administration de l’Itie a décerné, par sa décision intervenue en mai 2018, la note «progrès satisfaisant» au Sénégal. A travers elle, indique le chef de l’Etat, l’Itie reconnaît les efforts que le Sénégal a déployés pour aller au-delà des exigences de la norme Itie en matière de transparence dans les contrats, les dépenses sociales et le suivi des recommandations.
dialigue@lequotidien.sn

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