PARTAGER

La Biennale de Dakar n’est pas réservée qu’aux artistes. Le «Recall of the real» le prouve. C’est une œuvre participative où le visiteur est invité à donner sa pensée sur l’identité. Devenue une propriété publique, l’artiste à la base de ce projet cherche un point de chute pour l’œuvre.

L’histoire, il y a ceux qui la lisent, ceux qui l’écrivent et ceux qui la font. Dans le souci d’empêcher son Peuple de se «morfondre dans le passé», Caroline Guèye a invité les visiteurs du pavillon Sénégal à apporter leur participation à la conception d’une œuvre collective. Il s’agit du Recall of the real (le rappel du réel, en anglais). Sur un tableau recouvert de papier blanc où figure un portrait réaliste de Franz Fanon, le visage lacéré pour «montrer les déchirures, les souffrances de l’intérieur, son fardeau, son chemin et celui des indigènes et des intellectuels engagés», l’artiste a demandé aux visiteurs de déchirer du papier blanc pour inscrire un message sur l’identité. Ainsi du président de la République au visiteur du dimanche, ils sont nombreux à avoir signé le Recall of the real. Est-ce une façon pour l’artiste de s’engager sur le débat identitaire ? «Je suis apolitique. Et ce n’est pas une façon de participer à un débat politique bien que Macky Sall ait participé à cette œuvre. Ce message sur l’identité est important parce qu’il est complexe. J’ai permis à chacun de dire ce qu’il pense de l’identité. On découvre quelque chose.» Et cette chose peut être insolite. En effet, cette œuvre a des allures d’un mur de lamentations. A côté du message diplomatique de Macky Sall figurent des invitations à la sortie du Cfa, des codes-barres, etc.
Pour Caroline Guèye, «oui on a un passé, des choses ont été vécues, mais on est maître de nous-mêmes. Les donnes ont changé, il ne faut pas qu’on se plaigne. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts». Une situation qui se vérifie avec les couleurs présentes sur Recall of the real. En effet, pour illustrer ce besoin de se ressembler dans la diversité, l’artiste conceptrice de l’œuvre a choisi le noir, le blanc et le gris, en référence au livre de Fanon, Peau noir, masque blanc. «C’est un message de rassemblement, d’unité dans la diversité. Il y a du français, de l’arabe, l’espagnol, wolof, peul.»
Devenue propriété publique, Recall of the real cherche actuellement un point de chute pour que tout le monde puisse l’admirer.
mgaye@lequotidien.sn   

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here