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L’un est Socialiste et l’autre Libéral. Mais Khalifa Sall et Karim Wade sont unis par le destin et une succession de circonstances. A moins de deux mois de la Présidentielle, ils jouent leur survie politique.

Au-delà de l’initiale K, Khalifa Sall et Karim Wade étaient programmés à des fortunes diverses. L’un est du Parti socialiste et l’autre au Parti démocratique sénégalais. Mais l’avènement de Macky Sall en 2012 à la tête du pouvoir et la realpolitik aidant, les deux destins se sont liés pour le meilleur et pour le pire. A moins de quelques semaines de l’élection présidentielle, les deux candidats déclarés qui ont déjà déposé leurs dossiers devant le Conseil constitutionnel voient de gros doutes peser sur leur participation à cette échéance électorale. D’abord, l’ancien maire de Dakar, révoqué au lendemain de l’arrêt de la Cour d’appel qui a confirmé sa condamnation à 5 ans de prison ferme par le Tribunal correctionnel de grande ins­tance de Dakar.
Le 3 janvier prochain, si la Cour suprême juge que le droit a été respecté dans cette procédure déclenchée en février 2017, le député risque de tomber sous le coup de l’article L 31 du Code électoral qui dispose que toute personne con­damnée à 5 ans ou plus ne peut être élue. Ses avocats ne s’avouent pas vaincus. L’idée d’un rabat d’arrêt est agitée. Ce qui permettra de suspendre le verdict de la Cour suprême qui ne pourra notifier son arrêt au Conseil constitutionnel qu’en février. Avant cela, le Conseil constitutionnel va publier la liste des candidats, mais les partisans du leader de Taxawu Senegaal doivent s’attendre à tout. Lors de l’élection de Khalifa Sall comme député le 30 juillet 2017, ils estimaient que leur mentor allait sortir de prison. Une «violation» de l’immunité parlementaire que la Cedeao a relevée, mais que la Cour d’appel n’a prise en compte.
Pour Karim Wade, les choses paraissent plus compliquées. Oumar Sarr a beau expliquer dans le «Grand jury» de la Rfm du 23 décembre dernier que le numéro de la carte d’électeur n’existe plus, mais l’article L 116 du Code électoral dispose que le dossier de candidature déposé devant le Conseil constitutionnel doit comporter le numéro de la carte d’électeur. Or Karim Wade, exilé au Qatar depuis juin 2016 après une grâce présidentielle, n’en dispose pas. En plus de cela, l’article L 57 dispose que pour être éligible, tout candidat doit être électeur ; donc, être inscrit sur les listes électorales. Et à ce sujet, le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, a régulièrement rappelé que le candidat du Pds n’est pas dans le fichier. Sa condamnation à 6 ans par la Crei le 23 mars 2015 est l’argument du pouvoir. Et le casier judiciaire est déjà entaché.
Finalement, Khalifa Sall et Karim Wade, présentés com­me de sérieux challengers au candidat sortant, se retrouvent au gré des circonstances dans le même bateau. Et mènent le même combat. Pour leur survie politique.
bgdiop@lequotidien.sn

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