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L’ancien argentier du Sénégal avait bloqué l’entrée en vigueur de la note de services du Dg de la douane, tendant à déconcentrer les opérations de dédouanement de certains produits importés. Cela, face aux conséquences visiblement néfastes qu’une telle mesure n’aurait pas manqué de produire. Amadou Ba parti, le Dg Oumar Diallo s’est empressé de remettre en vigueur sa décision, sans même solliciter l’avis de son ministre de tutelle.

Il a attendu près d’un an et demi, mais à la fin le directeur général de la Douane a mis en œuvre sa décision. Il lui a suffi d’une simple note de service référencée 01660Dgg/­Drci/­Brd/Md, et datée du 30 avril 2019, pour déclarer la «levée de domiciliation du dédouanement de certains produits». Par cette décision, le Dg Oumar Diallo donne aux bureaux de Karang, Keur-Ayip, Rosso, Kidira, Moussala, Ziguinchor et Vélingara compétence pour opérer au dédouanement de certains produits qui étaient jusque-là l’exclusivité à Dakar. Ces produits sont spécifiés dans la note circulaire et il s’agit : des véhicules automobiles, de la farine de blé, des concentrés de tomate, du poivre, des piles électriques, des cahiers scolaires et des pesticides. Cette décision fait écho à la mesure datant du 26 juin 2018 qui portait sur les mêmes termes, mais qui avait été suspendue en son temps parce que ne rencontrant pas l’assentiment des différents acteurs.
En effet, à l’époque, des industriels locaux avaient craint que cette mesure de décentralisation des opérations douanières sur certains produits ne facilite la fraude et la contrebande sur lesdits produits, et sur d’autres encore. Et en interne, certains agents de douane avaient estimé que permettre que des bureaux situés à des frontières, comme ceux de Karang, de Rosso ou de Ziguinchor, puissent effectuer des opérations de dédouanement de certains produits équivalait à favoriser un détournement de trafic maritime au bénéfice des ports des pays voisins comme ceux de Banjul ou de Nouakchott, pour ne citer que ceux-là. Une mesure qui tombait mal au moment où, l’année dernière, le nouveau directeur général du Port de Dakar dévoilait son plan de redynamisation de son site pour, avant tout, ne pas perdre des parts de marché.
Cette note circulaire de M. Oumar Diallo a eu pour autre effet de rappeler le bon souvenir du ministre de l’Economie, des finances et du plan Amadou Ba. Des esprits chagrins n’ont pas manqué de relever que c’est ce dernier qui avait forcé, il y a un an et demi, Oumar Diallo à reculer sur cette mesure, dont on avait montré à l’époque à quel point elle pouvait avoir des conséquences négatives. «Aujourd’hui que Amadou Ba n’est plus là, Oumar Diallo remet cette décision en vigueur par le biais d’une note circulaire qui court-circuite le ministre.» Comme s’il se sentait dorénavant assez puissant pour pouvoir agir à sa guise sans que cela n’ait aucune conséquence pour lui.
mgueye@lequotidien.sn

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