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Ahmed Bachir Kounta, 82 ans, ex-journaliste à la Rts et porte-parole de la famille religieuse de Ndiassane, a rendu l’âme hier à la suite d’un malaise.

Journaliste, homme religieux, sénateur, haut conseiller des collectivités territoriales, Ahmed Bachir Kounta a eu une vie remplie. Décédé hier à la suite d’un malaise, le porte-parole de la famille Kounta a eu un parcours passionnant. Reporter sportif, il est entré «au stade» en 1960. A l’époque, il était le seul journaliste-reporter à l’Orts (actuelle Rts), après le départ de Alassane Mbengue dit «Alou», suite aux évènements de 1962, à commenter les matchs en direct sur les ondes. C’était un challenge pour lui de succéder à Alou, «impossible» à remplacer, car sa notoriété faisait que les foules sportives chahutaient quiconque essayait de faire des reportages après son départ. Le Président Léopold Sédar Senghor a envoyé Bachir Kounta à Saint-Louis, sa ville natale, pour le perfectionner. A la radio, il dirigea l’équipe des reporters des «Jeux de l’amitié» en 1963. Affecté à Dakar en fin 65, il rejoignit la Rts en tant que rédacteur en chef chargé des informations et des programmes de la chaîne nationale, en dehors des reportages sportifs. Il a passé toute sa carrière à la Rts en cumulant plusieurs fonctions au sein de la radio et de la télévision. A sa retraite administrative, il a lancé en 1992 une agence de communication qui éditait le jour­nal Vision.
Sur le plan politique, il a été sénateur sous le régime du Président Abdoulaye Wade qu’il a soutenu publiquement. Il motivait son choix : «J’ai mes convictions et j’ai la liberté de les exprimer et de les pratiquer. C’est dire que je suis indépendant et majeur. Et quand je vois, après réflexion, que cette voie est la meilleure, parce que conforme à mes convictions, j’y vais.» Sous Macky, il a été nommé haut conseiller des collectivités territoriales.
Né le 1er mars 1937 à Saint-Louis, Ahmed Bachir Kounta, hormis son métier de journaliste, était une personnalité religieuse, un homme d’une grande érudition et de culture. «Il est bon, cultivé, c’est un fédérateur…», confie sur Rfm le journaliste Abdoulaye Diaw qui a bénéficié de «l’aide pendant son cursus en journalisme» de l’ex-présentateur du journal en wolof sur la télévision publique. Joint par téléphone par Iradio, le président du Comité scientifique de la famille Kounta témoigne sur le disparu. «Il était un grand homme, apprécié par toute la Ummah islamique grâce à ses interventions pertinentes», a témoigné Cheikh Bou Mohamed Kounta. Pour lui, c’est tout le Sénégal qui a perdu. «Il était apprécié par tous les Sénégalais grâce à son esprit d’ouverture, son sens de l’écoute et sa générosité. Islamologue, il avait le verbe facile et savait captiver son public. C’est une grande perte pour le Sénégal. Nous prions pour que Dieu l’accueille dans son Paradis céleste», prie-t-il.

Stagiaire

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