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La politique avait un moment divisé les trois, la mort de l’un d’eux rassemble les survivants dans un hommage aux qualités du disparu.

Le Sénégal est ainsi fait que même les rancunes les plus tenaces s’effacent et se gomment face à la mort. Djibo Kâ ne sera sans doute pas surpris de voir, d’où est son âme en ce moment, la pluie d’hommages qui lui sont rendus dans le landerneau politique. Et ceux qui doivent lui faire plaisir viennent sans doute de ceux qui, à une période de sa vie, se sont fait remarquer comme ses adversaires politiques.
Le dernier en date est Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du Parti socialiste (Ps). Celui-là même dont on dit qu’il a été l’instigateur du Congrès sans débat de 1996 qui a vu l’enfant de Thiarny claquer la porte du Ps pour aller former son propre parti. Hier, OTD a publié un communiqué pour s’émouvoir du décès de son ancien compagnon de route. Et il dit ceci de lui : «Il a incarné, avec beaucoup d’autres compatriotes, une longue et riche histoire du socialisme sénégalais qui a jeté les bases d’un Etat unitaire moderne et social, d’une République solidaire et d’une démocratie pluraliste apaisée quand la plupart des autres pays africains faisaient le chemin inverse.» Il ajoutera également : «Avec sa disparition, le Sénégal perd un grand talent qui enrichissait le débat politique national, mais également un de ses plus grands serviteurs», dont il a par ailleurs salué le courage.
L’autre ironie est que sur bien de points, le communiqué de Tanor recoupe celui de son «frère ennemi», Khalifa Sall. Le maire de Dakar, emprisonné, a néanmoins tenu à rendre hommage à celui qu’il qualifie de «grand militant du socialisme qui a contribué à enrichir nos valeurs communes», en plus d’être un «illustre homme d’Etat qui s’est employé à concilier l’idéologie socialiste et l’impératif d’agir pour notre pays».
mgueye@lequotidien.sn

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