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Le monde de l’art et de la culture est en deuil. L’artiste Issa Samb, plus connu sous le nom d’artiste Joe Ouakam, est décédé hier, à l’hôpital Principal de Dakar. L’homme était un artiste hors pair, un peintre, un sculpteur, un critique, un auteur-poète, dramaturge et philosophe. Il laisse derrière lui tristesse et chagrin.

Issa Samb alias Joe Ouakam n’est plus. L’ami du cinéaste Djibril Diop Mambéty est décédé hier, à l’hôpital Principal de Dakar des suites d’une longue maladie. Son rappel à Dieu plonge le monde des arts et de la culture dans une tristesse profonde. Plus connu sous le nom de Joe Ouakam, l’homme était un artiste hors pair, un sculpteur, peintre, acteur, critique, auteur, poète, dramaturge et philosophe . Il était un temple culturel et s’est beaucoup battu pour la bonne marche d’une industrie de la culture dans ce pays. Hélas ce grand homme est parti emportant son rêve dans sa tombe.
Joe Ouakam a été une figure emblématique du mouvement Agit-Art, créé au début des années 1970 avec le réalisateur Djibril Diop Mambéty et un collectif d’artistes, d’écrivains et de cinéastes. «Il est l’un des premiers à critiquer ouvertement l’idéologie de la Négritude promue par Sen­ghor. Il dénonçait la tournure politique prise par les arts au Sénégal et soulignait la nécessité pour les artistes de créer des structures indépendantes, des associations, en se détachant de la ligne politique», écrit Wiki­pédia suite à son décès. L’artiste est également connu pour ses prises de position contre ce qu’il appelait le mercantilisme de l’art sénégalais. «La beauté du monde, c’est l’art et la culture. Main­tenant, les soi-disant artistes vendent ce bel héritage que nous a laissé nos ancêtres. Quel gâ­chis !», s’exclamait-il dans une vidéo, écœuré.
Joe Ouakam a plusieurs fois exposé ses œuvres d’art. En 2010, la Galerie nationale de Dakar a fait une rétrospective sur l’artiste. La même année, son ami Wasis Diop a organisé une grande exposition intitulée la Cour de Joe Ouakam dans l’atelier de l’artiste. L’artiste a aussi participé à des expositions collectives notamment celle de1981 à 1984 à la Galerie Tenq au village des arts en 1995 avec «Africa 95» Whitechapel, Gallery, Londres. Il a fait l’objet de beaucoup de documentaires et de films dont Blissi Ndiaye ou La Visite de la dame de Nicolas Sawalo Cissé. Un court métrage fiction avec Joe Ouakam et Marie Madeleine Diallo.
Joe Ouakam, c’était aussi l’une des attractions de la biennale Dak’art. On se rappelle la procession organisée en son honneur. Une marche silencieuse qui avait débuté aux portes l’Institut français de Dakar à son domicile sis à 17 rue Jules Ferry à Dakar-Plateau. Ce sanctuaire point de rencontre des amoureux de l’art au centre-ville.
A l’annonce de sa mort, certainement bon nombre de personnes se sont interrogées sur le devenir de ce temple de la culture. Que va devenir la Cour de Joe Ouakam ? Une cour remplie d’objets d’art de toutes sortes éparpillés à même le sol. Ce sanctuaire qu’il fallait sauver à tout prix d’après Wasis Diop.  Aujourd’hui qu’il n’est plus, quel sera le sort réservé à cette maison ? En attendant Joe Ouakam va désormais se reposer au cimetière de Ouakam.

ndieng@lequotidien.sn

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