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L’artiste plasticien, Ibou Diouf, a tiré sa révérence hier matin à Dakar. Sorti de l’Ecole des Beaux-arts, il a eu à faire plusieurs expositions aussi bien au Sénégal qu’à travers le monde. Il avait remporté beaucoup de prix dont celui de l’affiche du premier Festival mondial des arts nègres (Fesman) en 1966. Ibou Diouf, qui fêtait au mois de décembre dernier ses 50 ans au service de la création artistique à travers une exposition dénommée «Du sommeil au rêve», a été une figure de proue de l’Ecole de Dakar. Cette exposition est la dernière qu’il a faite sur terre.

Le monde artistique a encore perdu un ténor. Après le décès  de Ousmane Sow, Alpha Sow et deux mois seulement après Issa Samb alias Joe Ouakam, l’artiste plasticien, Ibou Diouf, a été rappelé à Dieu hier matin. Né en 1941 à Tivaouane, Ibou Diouf a été récipiendaire de l’Ecole des Beaux-Arts de Dakar. Décorateur, illustrateur et dessinateur en même temps,  il fut lauréat du 1er prix du concours d’affiche au 1er Festival mondial des arts nègres (Fesman) de 1966. L’artiste, qui s’est aussi distingué avec le grand prix des tapisseries récompensant le meilleur carton (œuvre servant de modèle pour une reproduction limitée en tapisserie), a été à sa sortie de la formation, décorateur en chef du Théâtre national Daniel Sorano et ensuite directeur adjoint de la Manufacture nationale de tapisserie de Thiès. Il a eu à créer également son atelier d’art dans les années 70 où sont sorties des centaines d’œuvres et plusieurs générations d’artistes formés.
Il est important de souligner aussi que ce «grand homme de l’art» a fait beaucoup d’expositions au Sénégal. Mais aussi ses peintures ont fait le tour du monde à travers de grandes expositions. Il s’agit  de Paris (1967 et 1974), Montréal (1967), Mexico (1968), Sao-Paolo (1969), Alger (1969), etc. C’est en 1973 qu’il a effectué un voyage  en Suisse où il a vécu longtemps pendant plus de 10 ans. Là-bas, il  fait des recherches  sur la matière plastique avant de revenir s’établir définitivement au Sénégal. «Il est d’ailleurs le premier artiste sénégalais membre de l’Académie des Beaux-Arts du Brésil», renseignent certaines sources. «Maitre Ibou Diouf», comme aimaient l’appeler certains, a fait sa dernière exposition «Du sommeil au rêve» en décembre 2016 à la Galerie nationale d’art.
A travers cette exposition, il célébrait un demi-siècle consacré à la création artistique. Dans cette expo, il traitait les conditions de l’être humain, la femme en particulier. «Cette exposition n’est rien d’autre qu’une interrogation sur l’homme et ses métamorphoses. Elle questionne les préoccupations quotidiennes de l’homme, cet animal qui évolue suivant souvent plusieurs masques. Ses oiseaux mythiques prenant des formes humaines dégagent une certaine sérénité, ce côté apaisé qui caractérise parfois chacun de nous», avait dit Ibou Diouf, lors de la cérémonie de vernissage. Ces œuvres  amènent à s’interroger  sur notre essence, notre existence. «Du sommeil au rêve», avait-il baptisé cette dernière. Ibou Diouf repose au cimetière musulman de Yoff.
mfkebe@lequotidien.sn

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