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Winnie Madikizela-Mandela, ancienne épouse de Nelson Mandela, surnommée la «Mère de la Nation», est décédée hier à l’âge de 81 ans à Johannesburg.

Winnie Mandela est partie. A 81 ans, cette infatigable combattante anti-apartheid est décédée hier vers 14h. «C’est avec une grande tristesse que nous informons le public que Mme Winnie Madikizela-Mandela est décédée à l’hôpital Milkpark de Johannes­burg lundi 2 avril (hier)», a annoncé son porte-parole Victor Dlamini.
L’ancienne épouse de Nelson Mandela, avec lequel elle a été mariée de 1956 à 1996 – le couple s’était séparé en 1990 – avait été hospitalisée fin janvier pour une infection rénale.

L’assistante sociale devenue combattante
De son vrai nom Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela, Winnie Madikizela-Mandela est née le 26 septembre 1936 dans la province du Cap oriental. Devenue assistante sociale, elle se marie avec Nelson Mandela en 1956. Lui a 40 ans, elle 21, lorsqu’elle devient la seconde épouse de celui qui deviendra la figure emblématique de la lutte anti-apartheid et, plus tard, le premier Président noir d’Afrique du Sud.
Quelque temps seulement après le mariage, Nelson Mandela entre en clandestinité. Et lorsqu’il est arrêté en 1962, Winnie Mandela reprend le flambeau du combat à l’extérieur. Mais pas en liberté.
Harcelée, brutalisée, violentée, emprisonnée à au moins trois reprises avec de très longues périodes d’isolement total, torturée, bannie… Pendant trente ans, Winnie Mandela va subir dans sa chair l’âpreté du combat et la violence raciste du pouvoir blanc.
«Je n’ai jamais cherché à devenir ce que vous appelez une icône. C’est l’histoire qui m’a faite ainsi. Je suis le produit du Peuple de ce pays, le produit de sa lutte. Mon Peuple et moi avons combattu côte à côte face à la violence de l’apartheid, face aux balles, face à la haine. J’honore chaque jour nos martyrs et je suis extrêmement reconnaissante envers les masses africaines d’Afrique du Sud. Ce sont elles qui ont fait Winnie Mandela, et non l’inverse», expliquait-elle à Jeune Afrique lors de l’un des derniers entretiens qu’elle a accordés à un média francophone en septembre 2017.

Ligne «dure» et controverses
Au fil des années, elle devient l’une des figures de proue de l’Anc, où elle défendra une ligne «dure» tout au long de son parcours politique. Elle se fait chantre de la lutte anti-corruption, «maillon faible de l’Anc».
Elle déclenche aussi polémiques et controverses, notamment lorsqu’elle appelle implicitement à la violence contre ceux considérés comme des traîtres à la lutte anti-apartheid, lorsque le pays sera enfin libéré du joug du pouvoir raciste.
Ses affidés, réunis au sein du «Mandela united football club» (Mufc), se montreront particulièrement violents. En 1998, Winnie Mandela sera d’ailleurs reconnue «coupable politiquement et moralement des énormes violations des droits de l’Homme» par la Com­mission vérité et réconciliation (Trc) chargée de juger les crimes politiques de l’apartheid pour les actes commis par les nervis du Mufc.
Devenue vice-ministre de la Culture au lendemain des premières élections multiraciales de 1994, elle sera éjectée du gouvernement moins d’un an plus tard. Ecartée de la direction de l’Anc au début des années 2000, elle revient en force en 2007 pour y intégrer le Comité exécutif.
Devenue critique farouche de son ancien mari – qui ne lui a rien légué après sa mort en 2013 -, elle lui reprochait l’accord passé avec les Blancs pour mettre fin à la ségrégation. Pour elle, la Nation Arc-en-Ciel était un «mythe». «Il s’agit depuis le début d’un mythe total auquel les dirigeants de l’époque ont voulu nous faire croire. C’était un vœu pieux qui n’a jamais correspondu à la moindre réalité. La réconciliation n’a été qu’une façade. Nous ne sommes pas libres, car nous n’avons pas la liberté économique», assénait-elle dans l’entretien accordé à JA en septembre dernier.
jeuneafrique.com

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