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Khalife général des Khadres pendant 12 ans, El Hadji Mame Bouh Mamadou Kounta s’est éteint hier à l’âge de 93 ans à Rufisque. Ndiassane perd son bâtisseur.

La communauté «Akhloul Kountiyou» est en deuil. El Hadji Mame Bouh Mamadou Kounta n’est plus et Ndiassane pleure son 6e khalife. Presque toutes les populations de la capitale spirituelle de la Khadriya au Sénégal, étreintes par la tristesse, ont pris d’assaut la maison du défunt khalife, dès l’annonce de sa disparition à Rufisque. Premier petit-fils à diriger la tarikha avec son intronisation au rang de khalife le 29 avril 2006, Mame Bouh, comme l’appelaient affectueusement ses disciples, était le fils de El Hadji Mamadou Kounta, troisième khalife des Khadres. Il était âgé de 81 ans lors de son intronisation. Mais malgré son âge avancé, il s’était fixé un ambitieux programme de modernisation de la cité sainte de Ndiassane. Ainsi, il avait construit un daara moderne à hauteur de 288 millions de F Cfa qui dispensera, avec son ouverture, aux élèves des connaissances pratiques. Et son objectif, disait-il, était de faire de lui une université islamique professionnelle avec des Licences, des Masters pour les bacheliers arabophones. Aussi, il envisageait de créer une école secondaire à Ndiassane pour faciliter l’instruction des filles. Egalement, El Hadji Mame Bouh Mamadou Kounta projetait d’achever la construction de la grande mosquée à Ndiassane nommé Khariya. «La Khadriya est la mère des confréries. Elle est transversale, c’est jusqu’en Ethiopie. Donc Ndiassane doit dépasser cette situation de bourgade», disait-il. Pour changer le visage de la capitale spirituelle de la Khadriya, le défunt avait sollicité la construction d’un marché international «malien» qui fait un chiffre d’affaires de 1,5 milliard F Cfa à chaque Maouloud. Il avait l’ambition de réhabiliter les marigots de la cité religieux pour en faire un lac artificiel. Il s’agit d’une vallée fossile où il y a de l’eau partout. Sans compter le bitumage de la route Mékhé-Ndankh, une citée religieuse fondée par le père de la confrérie Khadriya, Cheikh Bounama Kounta, en 1800 et la restauration des routes intérieures de la cité religieuse de Ndiassane. Le saint homme qui plaidait l’équité entre les cités religieuses du Sénégal ne sera pas présent à l’inauguration de la résidence du khalife «Keur Mag», un vieux projet du Président Abdoulaye Wade d’un coût de 800 millions F Cfa, aujourd’hui redimensionnée par l’Etat du Sénégal dans le cadre du programme de modernisation des cités religieuses. Mame Bouh a été inhumé tard dans la soirée d’hier à Ndiassane.
nfniang@lequotidien.sn

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