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Il est des morts qui ne laissent personne insensible. Celle du patron du groupe Walfadjiri est de celles-là.
Pour n’être pas sorti du moule de Jupiter, Sidy a tout simplement été le produit fini du Self made man au destin exceptionnel.
C’était en cette triste matinée du mardi 04 décembre, que l’événementiel de l’information top du jour le plaça en première ligne du scoop hélas, qu’il aimait tant au-delà de l’heure habituelle des premières nouvelles de la matinée.
Ce coup de maître raté, avait déjà fini de mettre la vérité de l’implacable destin qui venait, à la faveur d’un malaise, l’arracher à notre affection.
Mais que retenir de l’éclipse d’un des personnages les plus énigmatiques de la bataille de la libération de l’expression libre dans notre pays ?
A dire un homme, puis à tout dire, Sidy aura été le pionnier infatigable de l’instauration d’un espace de communication plurielle.
Ce précurseur des voies de renforcement d’une logique où la presse indépendante devrait constituer le levier de visibilité des citoyens pour un Sénégal aspirant à l’expression démocratique réelle, n’a jamais eu de cesse à multiplier ses actions dynamiques, hardies et déterminées pour y arriver.
Reconnu comme le père de la presse indépendante dans notre pays, du moins dans sa bataille de libération des secteurs restrictifs, inféodés aux pesanteurs du pouvoir et des lobbies néfastes, le chemin de la bataille qu’il s’était tracée se compliquera à bien des égards allant du bimensuel à l’hebdomadaire en passant par le mensuel avant de devenir quotidien.
Cerise sur le gâteau, il se dotera par la suite d’une radio et d’une télévision qui auront véritablement été la forge originelle où se sont modulés bons nombres de journalistes aujourd’hui inondant les médias sénégalais.
Pour avoir été le créateur du vivier constitutif du cheminement des génies de la presse de notre pays, Niasse peut dormir du sommeil du juste avec la conscience d’un serviteur hors du commun.
Je m’en souviens encore comme si c’était hier, aux heures des combats d’opinion des an­nées 90, j’avais été de l’équipe de la Rédaction qui comprenait les Tidiane Kassé (Dirpub), de Ma­demba Ass Ndiaye, Abdou­rah­mane Camara, actuel Dirpub, de Ousseynou Guèye du desk économie, de Seydou Sall et autres.
Les succulents menus qu’il aimait savourer avant publication, faisaient monter Sidy Lamine dans la salle de Rédaction pour plonger dans l’avant-gout de la titraille retenue pour le lendemain, avant le passage à l’imprimerie.
Ce sourire révélateur de sa phobie des scoops montrait à quel point ce baroudeur républicain tenait à des sujets comme : la crise casamançaise sous l’angle d’une implication implicite de la presse pour une résolution définitive au grand bonheur des peuples.
Pour avoir été le premier journal à publier l’interview d’un rebelle, Latif Aïdara du front nord du Mfdc, je me vis interpeller par le Boss pour élucider les circonstances de la réalisation de cette interview sur un sujet aussi sensible.
Le pseudonyme derrière lequel je me refugiais pour signer certains articles sur les croisades de Banbonda, Effock et autres, était le fragile rempart pour la sécurité d’un suicidaire dans la peau duquel j’étais parce que natif de Marssassoum en plein cœur de la Casamance.
Aujourd’hui parti sur la pointe des pieds, Sidy Lamine laisse derrière lui un héritage à la fois gigantesque et prestigieux dont l’impact j’en suis sûr, servira de repères pour les hommes du sérail qui auront à cœur de faire de la presse un outil de contribution au développement social dans sa résonnance orthodoxe.
Dors du sommeil juste cher compagnon, et que les portes du paradis céleste te soient ouvertes.
Memba DRAME – Directeur cabinet Dramé Consulting,
Ancien de Walfadjiri

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