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Tivaouane a complètement perdu la voix après l’annonce surprise du décès de Serigne Pape Malick Sy à l’âge de 80 ans. Dans la chaleur d’une soirée pénible.

A Tivaouane, la sainte, le temps s’est arrêté ! Dans la cité de Maodo, le ciel, la terre et les fidèles sont en deuil. Serigne Pape Malick Sy n’est plus et Tivaouane pleure son «Prince» et porte-parole. Le temps est lourd et dur à la fois. Comme pour participer à cet élan de ferveur, le soleil refuse de briller d’en haut pour réchauffer cette terre martelée par un déferlement progressif. Bravant la psychose née de la progression du Covid-19, des milliers de fidèles tidianes, foulant au pied toutes les mesures barrières édictées par les autorités médicales, convergent vers la capitale de la Tidiania.
Tristesse en bandoulière, ils ont pris d’assaut le mausolée de Serigne Babacar Sy, là où la prière mortuaire a été dirigée par le Khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy «Mansour». Ils regardent devant eux, mais semblent ne rien voir. Tivaouane soupire et respire au rythme de la tristesse. C’est à 16h que la douleur a atteint son paroxysme, lorsque le cortège funèbre s’est pointé devant la grande mosquée Serigne Babacar Sy. Les fidèles se bousculaient pour assister coûte que coûte à la prière mortuaire. Toutes les stratégies mises en œuvre par le Comité d’organisation au service de Mame Khalifa Babacar Sy (Coskas), pour contenir la foule devant la grande mosquée, feront flop. Les talibés accourent vers le lieu de culte. C’est la grosse débandade, difficilement gérée par des Gmi à bout de nerfs. Les gens tombent par dizaines, donnant ainsi aux agents de la Croix-Rouge un travail herculéen. Il en sera presque ainsi toute la soirée. Moins téméraires, d’autres préfèrent rejoindre la résidence de Serigne Cheikh sise au quartier Médina Corniche ou Serigne Pape a été enterré à 19h10….Et d’autres perchés sur les murs, les balcons et les terrasses, ont tenu à assister à l’événement.
Les larmes ont perlé avec abondance et des cris de détresse se sont fait entendre tout le long de la soirée. Les fidèles, dans une ferveur inouïe, accourent sur le lieu de l’enterrement pour assister à l’événement. Ils voulaient être à l’intérieur où aux alentours du mausolée de Al Makhtoum. Une marque de sympathie à l’endroit de leur porte-parole, leur guide, leur vénéré. «Il a grandi dans la grâce de Khalifa Babacar Sy et a fait de la doctrine de Serigne Cheikh le centre de rayonnement de sa mission. Voilà pourquoi Serigne Pape Malick ne cessait de fasciner ou même de séduire ceux qui sont imbus de sa profonde philosophie. Fils de Serigne Babacar Sy et de Sokhna Astou Kane, il a très tôt assimilé l’intégralité des sciences islamiques dès son bas âge. Il incarnait les facettes d’une personnalité remarquable : tribun, poète, penseur, homme politique, catalyseur social, guide religieux, orateur au verbe sublime et à l’éloquence légendaire, idole de toute une génération. Jamais parcours n’a été aussi atypique. Bref il a représenté dignement la lignée d’Al Khalifat», crie un sexagénaire tout de blanc vêtu. Une blancheur qui fait sa mue, face à la poussière qui déferle. Cette longue file formée par les humains qui étouffe mais avance, vers la résidence de Serigne Cheikh. Laquelle apparaît là devant les premiers de la colonne. Fusent de partout des louanges dédiées au défunt.
L’autre challenge à relever reste la visite au sein du mausolée. Il faut sacrifier là encore à une attente sur de longues files humaines. Le mausolée atteint, les prières pleuvent tout comme ces pièces de monnaie en guise de ziar. Une vague humaine s’en va, une autre arrive et ainsi de suite, le soir tombe sur Tivaouane sous un décor de deuil.

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