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Après le décès de leur bébé de 9 mois, les parents ont porté plainte contre la responsable de la crèche «La Cigogne bleue» sise à Sacré-Cœur3 pour «négligence».

La crèche «La Cigogne bleue» sise à Sacré-Cœur3 à Dakar est au cœur d’une grosse affaire de mort suspecte. Les parents d’un enfant de 9 mois considèrent qu’il y a beaucoup de zones d’ombre dans les explications qui leur ont été fournies. En effet, d’après le certificat de genre de mort délivré par le Dr Abdou Magib Gaye de l’hôpital Aristide Le Dantec, le bébé serait mort «à la suite d’une asphyxie secondaire» et qu’il y a «absence de signe traumatique et de trace de violence». En clair, c’est au moment où on lui donnait à manger que l’enfant s’est étouffé et les aliments seraient passés par les voies respiratoires. Et d’après le récit du père, M. Magor Dia, la baby-sitter a raconté qu’après avoir donné à manger à l’enfant, elle l’a posé au sol, et tout à coup, il aurait commencé à vomir. Ensuite, elle l’a porté pensant qu’il dormait, et à un moment donné, elle a constaté que le corps était inerte. Et le gardien de la crèche aurait également dit que c’est lui qui a fait les premiers secours, qui a fait la ventilation et que l’enfant ne répondait pas, et l’agent aurait pensé que l’enfant aurait fait un arrêt cardiaque. «Je sens une certaine légèreté dans le traitement de cette affaire et c’est dangereux. Si c’était dans d’autres pays, on allait fermer la crèche le temps de faire l’enquête et de situer les responsabilités, parce qu’il y a des enfants qui sont là-bas», déplore le père de famille.

«Mon fils n’avait aucun souci de santé»
C’est un papa qui a certes le cœur meurtri, mais qui a le courage d’en parler dans la presse pour que, dit-il, justice soit faite pour son bébé de 9 mois qui a rejoint son Seigneur. M. Magor Dia revient sur l’affaire. «Le lundi 30 novembre, je suis parti au travail et avant de partir, ma femme a amené notre garçon de 9 mois à la crèche «La Cigogne bleue» à Sacré-Cœur3. Quand elle l’amenait ce jour-là, l’enfant était bien portant, il n’avait aucun souci de santé. Depuis qu’il est né, son pédiatre ne que l’a reçu qu’une seule fois en consultation, c’était une consultation de routine et les autres fois c’étaient des vaccins qu’il lui faisait», commence-t-il. Pour ajouter que «ce jour-là vers 13 heures, j’ai reçu un coup de fil venant de la directrice de la crèche, Yacine Sène, qui me demandait de la rejoindre au Samu Municipal qui se trouve sur les deux voies de Liberté VI, vers la Foire. Je lui ai posé la question de savoir ce qui se passait, et elle m’a dit que l’enfant était un peu souffrant».

«L’enfant était décédé bien avant d’arriver à l’hôpital»
Effrayé par cette annonce surprenante, Magor Dia prend dare-dare un taxi pour rallier la structure sanitaire. Sur place, l’ambiance était morose, et l’inquiétude a commencé à l’envahir. «Je suis arrivé à 13 h 40mn au Samu Municipal. Elle m’a rapidement conduit chez le médecin. Ce dernier m’a reçu dans son bureau et m’a annoncé que l’enfant était décédé bien avant d’arriver à l’hôpital. L’enfant est arrivé à 12h 30 minutes, décédé avec des vomissements. Donc il est décédé soit à la crèche, soit en cours de route», se remémore le père le cœur plein de douleur. Le lendemain du drame, un médecin légiste de l’hôpital Le Dantec, a réalisé l’autopsie. Mais les parents attendent toujours le rapport du médecin qui leur demande de patienter 10 à 15 jours. Malgré l’absence de ce document médical, le bébé a été inhumé après la remise par le commissaire de Dieuppeul d’un permis d’inhumation non signé par le procureur. Autre chose qui a intrigué le papa de l’enfant. Il dit : «Ce qui est bizarre c’est que quand je suis venu, le médecin m’a dit que la directrice de la crèche est venue avant moi pour les résultats d’autopsie et a payé des frais qui s’élèvent à 15 mille francs Cfa.» En plus, poursuit-il, le jour des faits, les habits de l’enfant ont été changés avant qu’il soit conduit à l’hôpital. Aujourd’­hui, les parents de l’enfant se posent les questions suivantes : pourquoi la police n’a-t-elle pas fait d’enquête sur les lieux ? Pourquoi le Pro­cureur n’a pas signé le permis d’inhumer ? Qu’est-ce qu’on a fait manger à leur enfant ? En attendant des réponses à ces interrogations, la famille a commis l’avocate Me Borso Pouye pour suivre le dossier. La famille n’exclut pas non plus de porter l’affaire auprès des défenseurs des droits humains, ainsi qu’au niveau des associations de défense de la petite enfance.

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