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Le Président américain a annoncé que les Etats-Unis allaient sortir de cet accord sur le climat qui vise à limiter la hausse de la température moyenne.

Sa décision était très attendue. Mardi un peu après 21 heures, heure de Paris, le Président américain a pris la parole depuis la roseraie de la Maison-Blanche. «Les Etats-Unis vont se retirer de l’accord de Paris sur le climat», a déclaré Donald Trump, ajoutant qu’il ne «voulait rien qui puisse se mettre en travers» de son action pour redresser l’économie américaine. Ce retrait est effectif «dès aujourd’hui». Il a dénoncé un accord qui «désavantage les Etats-Unis» tout en se disant prêt à négocier un nouvel accord. Une annonce qui risque de provoquer une onde de choc mondiale pour les 194 au­tres pays signataires de ce texte historique.
Après des semaines d’atermoiements, l’homme d’affaires septuagénaire tient ainsi une de ses promesses de campagne au nom de la défense des emplois américains. Donald Trump s’était engagé à abandonner un accord multilatéral scellé fin 2015 dans la capitale française, voulu par son prédécesseur Barack Obama et visant à limiter la hausse de la température moyenne mondiale. «Afin de remplir mon devoir solennel de protection de l’Amérique et de ses citoyens, les Etats-Unis se retireront de l’accord de Paris sur le climat», a annoncé Donald Trump, sous les applaudissements. Il a martelé qu’il ne «voulait rien qui puisse se mettre en travers» de son action pour redresser l’économie de la première puissance mondiale.

«L’Amérique seule»
Barack Obama a aussitôt jugé dans un communiqué que son successeur «rejetait l’avenir». Donald Trump a toutefois hésité pendant de longues semaines. Et de nombreuses voix sur la scène internationale (Chine et Ue en tête), dans le monde des affaires et au sein même de son Administration l’ont appelé à revoir sa position, rappelant ces derniers jours l’urgence d’agir face au réchauffement en cours. Cet accord est «essentiel», avait martelé jeudi la chancelière allemande, Angela Merkel, depuis Berlin, à quelques heures de l’annonce de Donald Trump. Les Etats-Unis sont le deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre derrière la Chine.
La portée de cette décision va aller bien au-delà de la question climatique ; elle donne une indication sur la place que les Etats-Unis, version Donald Trump, entendent occuper sur la scène internationale dans les années à venir. Pour Mitt Romney, candidat républicain à la Maison Blanche en 2012, c’est «la place de l’Amérique comme leader mondial» qui est aussi en jeu. Dans une tribune publiée mercredi dans le Wall Street Journal, deux des principaux conseillers du Président, le général H.R. McMaster et Gary Cohn, assuraient, en référence au slogan de campagne de l’exubérant hom­me d’affaires, que «L’Amé­rique d’abord» ne voulait pas dire «L’Amérique seule».

«Coopération»
Un retrait de l’accord de Paris place cependant les Etats-Unis dans une position inconfortable sur la scène internationale. Avant l’allocution présidentielle, la Chine et l’Union européenne étaient montées au créneau pour défendre l’accord qui vise à contenir la hausse de la température moyenne mondiale «bien en deçà» de 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Depuis Berlin où il a rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, le chef du gouvernement chinois, Li Keqiang, a assuré que son pays tiendrait ses engagements. «Mais bien sûr, nous espérons aussi le faire avec la coopération des autres», a-t-il pris soin d’ajouter. Pékin a été, avec l’Administration américaine de Barack Obama, l’un des principaux artisans de cet accord sans précédent.
Les responsables de l’Union européenne ont adopté un ton moins diplomatique. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avait jugé un retrait inacceptable. «Je suis un partisan de la relation transatlantique, mais (…) dans un texte de loi et dans les accords internationaux, tout ne relève pas des informations bidon», a-t-il lancé dans une allusion aux accusations récurrentes de Donald Trump contre les «fake news». La question a profondément divisé le sommet du G7 qui vient de s’achever en Italie, tous ses participants, à l’exception du Président américain, ayant réaffirmé leur engagement envers ce texte.

«Course contre la montre»
L’objectif des Etats-Unis, fixé par l’Administration Obama, est une réduction de 26 à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici 2025 par rapport à 2005. Le Président démocrate, qui avait fait du climat l’une des priorités de ses deux mandats, mettait régulièrement en avant la «course contre la montre» dans laquelle la communauté internationale est engagée pour tenter de limiter les effets les plus dévastateurs des bouleversements climatiques en cours.
La position même de Donald Trump sur le changement climatique qu’il a par le passé qualifié de «canular» reste entourée du plus grand flou. Le Président de la première puissance mondiale croit-il à l’impact des activités humaines sur le réchauffement en cours, sujet qui fait l’objet d’un très large consensus scientifique ? «Je ne peux le dire, je ne lui ai pas demandé», avait répondu cette semaine son porte-parole sans sourciller.
lepoint.fr

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