PARTAGER

Les Etats-Unis, le Canada et 14 pays de l’Ue ont annoncé des mesures de rétorsion consécutives à la tentative d’assassinat de l’agent double Sergueï Skripal.

Trois semaines après l’empoisonnement de l’agent double Sergueï Skripal, de nombreux pays occidentaux – dont quatorze de l’Ue, a annoncé Donald Tusk, président du Conseil européen – ont décidé lundi 26 mars de mener une action coordonnée pour sanctionner la Russie en expulsant nombre de diplomates.
La mesure doit concerner plus de trente diplomates dans l’Union européenne, a souligné Donald Tusk, et plus d’une soixantaine aux Etats-Unis, qui s’ajoutent aux 23 diplomates russes déjà expulsés par la Grande-Bretagne. «Des mesures supplémentaires, incluant de nouvelles expulsions, ne sont pas exclues dans les prochains jours et (les prochaines) semaines», a ajouté M. Tusk.
La Russie a aussitôt réagi. «Le geste provocateur de prétendue solidarité avec Londres de ces pays (…) témoigne de la poursuite d’une ligne de confrontation visant à aggraver la situation, a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué. Nous allons forcément y répondre.»
De son côté, le ministre des Affaires étrangères britanniques, Boris Johnson, a salué sur Twitter «la réponse extraordinaire» des alliés du Royaume-Uni, qui «constitue le plus grand mouvement d’expulsion d’agents russes de l’histoire et permet de défendre notre sécurité partagée».

Quatre diplomates expulsés de France
Le plus gros contingent est annoncé aux Etats-Unis. Un haut responsable de l’Administration américaine a indiqué que 48 «agents de renseignement connus» du consulat de Russie à Seattle, au nord-ouest des Etats-Unis, et 12 de plus à la mission russe de l’Onu ont sept jours pour quitter les Etats-Unis. «Les Etats-Unis sont prêts à coopé­rer pour bâtir une meilleure relation avec la Russie, mais cela ne peut que se produire si le gouvernement russe change d’attitude», souligne un communiqué de presse de la Maison Blanche qui a aussi annoncé la fermeture du consulat de Seattle en raison de sa proximité avec une base de sous-marin et d’une grande partie des installations industrielles de Boeing. Son voisin américain, le Canada, a expulsé quatre diplomates.
La France va expulser quatre diplomates russes «dans un délai d’une semaine», a fait savoir le Quai d’Orsay. De son côté, l’Allemagne va également en expulser quatre, a précisé le ministère des Affaires étrangères allemand. «Nous avons expulsé aujourd’hui quatre diplomates russes, car la Russie n’a toujours pas contribué à éclaircir l’empoisonnement de Salisbury», a-t-il ajouté. L’Italie, le Danemark et les Pays-Bas ont chacun annoncé l’expulsion de deux diplomates vers Moscou, la Finlande, la Suède et la Croatie expulseront chacun un diplomate russe.
Plusieurs pays ayant fait partie de l’ancien bloc soviétique, la Pologne, l’Ukraine, la République tchèque et les trois pays baltes (Lituanie, Estonie et Lettonie) ont annoncé le même genre d’initiatives. Les principales mesures de rétorsion viennent de l’Ukraine – dont les tensions avec la Russie ne retombent pas depuis l’annexion de la Crimée par la Russie il y a quatre ans – qui a annoncé l’expulsion de 13 diplomates russes. En revanche, la Slovaquie a décidé d’étudier «les mesures à venir».

Représailles contre la Russie
Ces annonces sont les conséquences de l’affrontement diplomatique qui oppose la Russie et le Royaume-Uni depuis trois semaines. Le 4 mars, un agent double prénommé Sergueï Skripal et sa fille Ioulia ont été les victimes d’une attaque au gaz innervant, le Novitchok. L’événement a tout de suite pris une tournure politique à la lumière de l’identité de la victime : Sergueï Skripal, 66 ans, est un ancien colonel du service de renseignement russe réfugié au Royaume-Uni. Les soupçons se sont alors portés sur la Russie qui nie toute implication dans cette tentative d’assassinat.
Londres a déjà expulsé 23 diplomates russes présentés comme des «agents du renseignement sous couverture» et suspendu les relations bilatérales avec la Russie. Moscou a répliqué en expulsant le même nombre de diplomates et en ordonnant la fermeture du British Council.
lemonde.fr

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here