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La prolifération des stations-services préoccupe le gouvernement qui a décidé de geler les installations à Dakar. Le ministre de l’Énergie et du développement des énergies renouvelables, Thierno Alassane Sall, qui défendait le budget de son département hier à l’Assemblée nationale, n’a, au passage, pas porté de gants pour déchirer le rapport de l’Ong public Eye qui soupçonne l’existence d’un carburant toxique au Sénégal.

Le gouvernement prend des mesures sur la prolifération des stations-services à Dakar. Lors de l’examen du budget de son département, hier, le ministre de l’Énergie et du développement des énergies renouvelables a annoncé le gel de ces édifices de vente de carburant. Souvent objet de tension entre les populations locales et les promoteurs, l’implantation de ces stations a préoccupé hier les députés. «A Dakar, les constructions sont gelées. Il n’y aura pas de nouvelles stations jusqu’à nouvel ordre. En attendant, les services de tous les ministères concernés doivent intervenir pour juguler le problème et trouver une solution définitive à la carte des stations-services dans la capitale sénégalaise», rassure Thierno Alassane Sall.
Le ministre s’empresse, cependant, de préciser que les prérogatives du ministère se limitent à l’octroi de la licence d’importation ou de distribution des produits pétroliers en définissant le nombre de stations autorisées, mais sans en préciser le lieu d’implantation. «En fait, l’implantation et le contrôle des stations-services qui sont des établissements classés, relèvent de la compétence conjointe des ministères chargés respectivement de l’Urbanisme, de l’Environnement et de la Protection civile», souligne M. Sall. Concernant la problématique de l’installation des stations-services Total le long de l’autoroute à péage, Thierno Alassane Sall a renvoyé la balle au ministère du Commerce.

Pas de carburant toxique pour le moment
Par ailleurs, les députés ont beaucoup insisté sur la nécessité de réduire le prix de l’électricité. Une question à laquelle travaillent les services compétents de l’Etat, compte tenu des orientations stratégiques sur le développement harmonieux du pays, d’après le ministre de l’Énergie. En outre, a-t-il souligné, le Sénégal s’efforce de trouver par ses propres moyens les ressources importantes qui sont nécessaires pour l’électrification rurale, l’amélioration de la production de Senelec, l’extension des réseaux, etc. Thierno Alassane Sall a aussi été interpellé sur le carburant à haute teneur de soufre dont la vente au Sénégal et dans certains pays africains a été récemment dénoncée dans un rapport par l’Ong Public Eye. Le ministre a battu en brèche l’existence (pour le moment) d’un carburant toxique au Sénégal. «Nous avons fait nos propres investigations et mis en place des mécanismes pour vérifier si c’est toxique ou pas par le biais de la Société africaine de raffinage. Nous n’avons pas constaté pour le moment des failles. Nous ne disons pas qu’il n’y en a pas. Mais que celui qui dit le contraire nous fournisse les preuves», a-t-il soutenu.
Visiblement remonté par les conditions dont le rapport de Public Eye a été effectué, M. Sall d’asséner ses réserves. Il dit : «Le rapport de Public Eye peut être une source d’information, mais nous devons le prendre avec beaucoup de prudence. J’ai été auditeur. On ne peut pas auditer ou incriminer une personne sans sa présence. Nous n’avons jamais été là lorsque cette Ong faisait ces prélèvements. On ne connait pas les intentions de Public Eye, ni ses intentions bonnes ou mauvaises. Il peut être dans la défense des intérêts des populations comme cela peut être d’autres préoccupations. Sont-elles des raisons de positionnement économiques ou d’accès à des marchés ?» A ses yeux, les Sénégalais ont commis l’erreur de prendre pour «argent comptant» ledit rapport.

bgdiop@lequotidien.sn

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