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Le déplacement de Emmanuel Macron en Corse était très attendu. C’est la première visite du Président sur l’île depuis son élection. Tous attendent bien sûr ses déclarations concernant les revendications des nationalistes corses qui ont remporté les dernières élections organisées sur place. Le Président français, qui est arrivé en fin de matinée à Ajaccio, a d’abord participé à une cérémonie en hommage au préfet Claude Erignac, assassiné en 1998.

Cette cérémonie, c’est la première étape du déplacement de Emmanuel Macron en Corse. Organisée pour le 20ème anniversaire de l’assassinat du préfet Erignac à Ajaccio, elle s’est tenue dans la rue même où a été tué le préfet, en présence d’une foule assez nombreuse et d’officiels : anciens préfets, élus… parmi lesquels le nationaliste Gilles Simeoni (Jean-Guy Talamoni était lui absent), Jean-Pierre Chevène­ment, ministre de l’Intérieur au moment du meurtre du préfet Erignac. Trois ministres accompagnaient aussi Emmanuel Macron, Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur et Jacqueline Gourault, en charge du dossier Corse au gouvernement, et Marlène Schiap­pa,  secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes dont une partie de la famille est originaire de l’île.
Une cérémonie débutée avec un peu de retard, mais classique dans sa forme : dépôts de gerbes, minute de silence, Marseillaise chantée par le chœur de l’Armée et dévoilement de la plaque de la Place Claude Erignac qui a été inaugurée à cette occasion. Et surtout, il y a eu un moment d’émotion lorsque Dominique Erignac, l’épouse du préfet assassiné, s’est exprimée.
Depuis vingt ans, elle n’avait jamais trouvé la force de revenir sur les lieux de l’assassinat de son mari, dans une petite rue d’Ajaccio où une place porte désormais le nom du préfet. «Un lieu maudit», selon Dominique Erignac qui était accompagnée de ses deux enfants. Elle a accepté de venir à cet hommage à la demande de Emmanuel Macron. Très digne, elle a dénoncé la lâcheté d’un commando terroriste, de nationalistes qui ont abattu son époux par derrière la nuit de trois balles dans la tête. Et elle a dit que pour elle la page n’était pas tournée. Oublier un crime est un crime, a déclaré Dominique Erignac.
Emmanuel Macron s’est ensuite exprimé et a lui aussi évoqué la lâcheté de l’assassinat du préfet. Pour lui, la Corse a été salie par ce crime et il a parlé, lui aussi, d’acte de terrorisme. «Un tel acte n’a rien à voir avec une prétendue lutte de libération», a martelé le Président qui a salué, bien sûr, la mémoire du préfet Erignac, un de ces préfets «qui font honneur à la Répu­blique» qu’il a comparé à un «martyr laïc». Emmanuel Macron a aussi confirmé qu’il n’y aurait pas d’amnistie pour ses assassins. Des mots forts et sans concession.
«Son assassinat a fait de Claude Erignac un de ces martyrs laïcs qui tombent parce qu’ils ont cru à leur mission… Cette mort a pris valeur de symbole… Elle aura ranimé l’exigence du droit et du dialogue démocratique», déclare le Président français. Emmanuel Macron n’a pu s’empêcher d’ajouter : «Ce qui s’est passé ici ne se justifie pas, ne se plaide pas, ne s’explique pas. Ce fut un assassinat, un attentat…»
rfi.fr

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