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Appelé hier pour la deuxième fois à la barre de la Chambre criminelle spéciale pour audition, imam Alioune Badara Ndao continue de nier les faits. Le guide religieux a expliqué qu’il «n’a jamais prôné la violence, mais le débat».

D’après les enquêteurs, le daara d’imam Alioune Badara Ndao sis à Kaolack est un centre d’endoctrinement. Et aussi ses exploitations agricoles servent de lieu d’entraînement pour les jeunes en partance pour le jihad. Toujours selon les gendarmes, l’école coranique est un gîte où séjournent les combattants.
Interrogé hier lundi par ses avocats sur ces accusations, l’accusé a nié toutes les charges retenues contre lui. «Ces affirmations sont fausses. Elles ne sont pas exactes», a martelé le religieux à la barre de la Chambre criminelle spéciale de Dakar. Pour imam Ndao, s’il existe un centre d’entraînement chez lui, il s’agit d’un centre d’entraînement destiné à l’apprentissage de la culture du riz, du maïs, du mil etc.
Il a également été dit que le groupe des supposés terroristes était organisé à partir de Kaolack sous la houlette d’imam Alioune Badara Ndao. Ce dernier a soutenu que les enquêteurs se sont trompés sur ce point aussi.
Alors, imam Ndao dit n’avoir jamais encouragé qui que ce soit parmi les accusés partis au Nigeria ou dans d’autres zones de combat à y aller. «J’ai toujours fustigé les actes terroristes. A travers des Cd, je tente de décourager les jeunes musulmans à emprunter cette voie. Je prône le dialogue intellectuel. Je n’ai jamais prôné la violence, mais le débat. Je pense que régler ces problèmes-là avec la force ce n’est pas la solution», explique-t-il.
Revenant sur les images de propagande de l’Etat islamique projetées la semaine dernière, imam Ndao a révélé qu’il détient «d’autres vidéos sur la Birmanie ou encore la Centrafrique beaucoup plus graves, dans lesquelles on tue des gens avant de les manger». Avant de préciser que cela ne veut pas dire qu’il adhère à cette idéologie.
Devant le juge Samba Kane, il a réitéré que les vidéos servent pour ses recherches en sciences islamiques. Ses conseillers l’ont interpellé sur ses relations avec ses voisins à Kaolack depuis l’ouverture de son daara en 1989, alors qu’il n’avait que 29 ans, à maintenant. A ce propos, il déclare entretenir de bonnes relations avec toutes les familles religieuses et mouvements islamiques du Sénégal.
L’un des avocats de la défense a questionné le co-accusé de Moctar Diokhané sur un article de Jeune Afrique qui aurait écrit en 2016 qu’il est quelqu’un de très aisé financièrement et qu’il distribue de l’argent, mais aussi qu’il a été arrêté en possession d’une importante somme d’argent et d’un téléphone satellitaire. En réponse à cette interpellation de son conseiller, imam Ndao a déclaré que tout cela constitue des mensonges.
Dans ce même sillage, il a rejeté les accusations de blanchiment de capitaux et financement du terrorisme que le Parquet lui colle à la peau. Sur ce point, les gendarmes ont saisi chez lui un montant de 27 mille 300 francs Cfa lors de leur perquisition.
Dans un autre registre, Me Mounir Balal et ses confrères ont suggéré à leur client de revenir sur l’affaire de l’argent qui lui a été confié par le mis en cause Ibrahima Diallo. Imam Ndao a rappelé que le sieur Diallo lui avait prêté 1 million de francs sur décharge, signée par toutes les deux parties. Et avant de partir pour la Gambie, dit l’accusé, Diallo lui avait confié 25 billets de 500 euros à titre de dépôt. Et 4 jours après, on a procédé à l’arrestation de Alioune Badara Ndao.
Imam Ndao a aussi déclaré ne pas croire au «terrorisme qui est un prétexte pour abattre l’islam». Le prêcheur a aussi indiqué qu’il n’a jamais reçu un quelconque avertissement des autorités par rapport au contenu de ses prêches. Il est resté constant durant toute la durée de son interrogatoire. Il continue de nier les faits.
msakine@lequotidien.sn

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