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Parmi la trentaine de présumés jihadistes jugés par la Chambre criminelle de Dakar, l’accusé Daouda Dieng, né en 1978 à Guédiawaye, est le seul à bénéficier d’une liberté provisoire. Ce marié et père de 5 enfants a comparu libre hier devant la Chambre criminelle. Et à l’instar de ses coaccusés, il a réfuté les faits qui lui sont reprochés. Pourtant, l’exploitation de son téléphone a pu montrer que parmi ses contacts, il y a un certain Abu Hamza Ndiaye qui publiait beaucoup d’images de combattants. Mais devant la Chambre, M. Dieng a nié de telles allégations. «Je ne connais pas Abu Hamza Ndiaye», a-t-il clamé. Le président de lui rappeler qu’il aimait les publications de ce dernier sur Facebook. En fait, Abu Hamza avait menacé le Sénégal et son Président Macky Sall qu’il avait traité de mécréant. Mais il appuyait ses écrits par des photos de compatriotes qui seraient morts dans les bastions de l’Etat islamique en Libye. Pour étayer cela, le procureur a demandé à ce que des images qu’il a reçues dans sa boîte mail soient projetées. On y voit des hommes en tenue avec des fusils de guerre, des corps déchiquetés et des exécutions. Reconnaissant avoir vu ces images, M. Dieng prétend avoir «liké» par inadvertance.
Nonobstant ses dénégations, les enquêtes diligentées font apparaître des ressemblances entre le numéro de passeport de Abu Hamza et celui de Makhtar Diokhané qui était en ce moment en détention au Niger avec des combattants sénégalais, membres de Boko haram. Ce qui laisse penser que Makhtar Diokhané serait Abu Hamza.
Daouda Dieng avoue enfin avoir connu Diokhané : «C’est mon jeune frère, Cheikh Ibrahima, qui me l’a présenté. J’ai placé mon enfant, âgé de 7 ans, dans son daara.» A propos de son frère Cheikh Tidiane Dieng, mort dans un combat de Boko haram, l’accusé soutient que c’est Abdoulaye Bop qui lui a appris la mauvaise nouvelle. Et pour en avoir le cœur net, ce dernier lui avait remis le numéro de Makhtar Diokhané en le prévenant de ne pas le laisser entrer chez eux, car c’est une personne très dangereuse. Une fois chez eux, il est allé, dit-il, à la rencontre de Diokhané pour savoir si son frère, parti au Nigeria, est vraiment décédé. Mais le sieur Diokhané lui aurait dit le contraire.
Daouda Dieng reconnaît aussi que le même Makhtar avait des relations très poussées avec son frère mort au Nigeria. Il nie aussi connaître Abu Hamza, imam Ndao, Saliou Ndiaye et les épouses de Diokhané.
justin@lequotidien.sn

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