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L’accusé Latyr Niang prétend tomber dans cette affaire comme un cheveu dans la soupe. Selon ses déclarations, c’est son ami Aboubacry Guèye qui avait promis de le faire voyager en Europe qui l’aurait conduit au Nigeria où on a essayé de l’appâter en lui faisant miroiter une importante somme d’argent.

Entendu à son tour hier dans l’affaire imam Alioune Badara Ndao et Cie, l’accusé Latyr Niang a aussi nié les faits. Il a déclaré n’avoir jamais pris part à une quelconque réunion pour préparer les voyages au Mali ou en Syrie.  Niang n’était mu que par l’idée d‘émigrer en Europe. «Entre 2012 et 2014, je n’ai pas assisté à une réunion extrémiste pour partir au Mali ou en Syrie», affirme-t-il. Cependant, il reconnait s’être rendu au moins une fois au Nigeria et en Mauritanie.
Revenant sur ses conditions de  voyage au Nigeria, ce commerçant né en 1986 explique que c’est son ami Aboubackry Guèye avec qui il était à Rosso qui lui a conseillé de chercher à mieux connaitre Dieu, au lieu de se focaliser sur la richesse.  «Il me poussait toujours à poursuivre mon travail. Il m’a aidé à avoir deux femmes. Il m’a toujours instruit dans le droit chemin. Il m’a appelé à 20 heures pour me dire de partir avec lui et je lui ai donné mon accord», a-t-il ajouté. Mais en partant, selon l’arrêt de renvoi, Latyr n’a pas dit  à ses épouses sa destination. Ce qu’il a contesté avec véhémence hier devant la barre : «J’ai dit à l’une de mes femmes que je dois voyager et que je l’appellerai une fois à destination. Car je sais que je suis entre de  bonnes mains. Je l’ai suivi, car je lui faisais confiance. Je suis parti avec 250 000 francs. J’ai quitté Rosso pour rallier Kaolack. Ce qui m’a donné confiance, c’est que j’ai vu les gens parler de voyage en Espagne ou en France. J’ai montré mon passeport au Niger. Une fois au Niger, nous étions logés dans une maison pendant des jours. Nous sommes partis à Niamey et ensuite  à Difa. On ne parlait que l’arabe. Après, deux motos sont venues  nous prendre et nous avons traversé un cours d’eau. Jusqu’à présent j’avais confiance.» «Il m’appelait Ya Aba Moussa. Je lui ai dit de me présenter par mon vrai nom, Latyr. Il m’a dit que le surnom est plus joli. J’étais dans une très jolie maison et je ne savais pas que c’était le Nigeria», a-t-il expliqué. Avant de poursuivre : «Je n’ai jamais vu des gens ici. J’ai assisté à une scène où on voulait exécuter une personne qui a commis un adultère. Ainsi, j’ai dit à Aboubacry Guèye de régler le problème et il l’a fait et on a relâché  la victime. Mais je lui ai fait savoir que je n’aime pas des choses de ce genre. Quelques minutes après, il m’a demandé pardon.» «Le lendemain, j’ai quitté la maison en allant dans un village que j’ignorais.  J’avais un soupçon et je lui ai manifesté mon désir de  rentrer», a-t-il précisé. Mais d’après le juge, la femme de Latyr Niang aurait dit que ce dernier s’est rendu dans un pays arabe pour prêter main forte aux combattants. Ce que l’accusé dément aussi en ajoutant qu’on lui a suggéré de prendre une femme au Nigeria avant qu’il ne rejette la proposition. Latyr Niang explique sa surprise dans ce pays. «Quand Aboubacry est parti, c’est un de ses amis qui est venu me chercher. Il m’a amené dans une maison. Il m’a montré  une chambre pleine d’argent. C’était inédit. Il y avait des billets d’euros et des Cfa. C’était une montagne d’argent. Je n’ai jamais vu cette somme d’argent dans la vie. Ils voulaient m’appâter pour que je reste là-bas. J’ai dit non», tente-t-il de prouver son innocence. L’accusé prétend savoir qu’il s’agissait du camp de Boko haram que quand il a vu des drapeaux de couleur blanche frappés d’écritures noires.
«Je pensais que Aboubakry allait m’amener en Libye et non au Nigeria», a-t-il fait savoir. Mais le juge de lui rappeler une de ses déclarations disant que Diokhané avait l’habitude de convoyer des jihadistes par différents voyages. Ce que Niang réfute aussi en soutenant que pour l’empêcher de revenir, Aboubacry lui a fait croire que ces gens le prendraient pour un espion. C’est ainsi qu’il l’a empêché de sortir.
D’après le juge, Latyr Niang aurait reçu une importante somme de 4 millions de francs de la part de Ibrahima Diallo alias Abou Omar. «Oui, il m’a donné 11 billets de 500 euros», a-t-il avoué. Ce qui amène le président de la Chambre criminelle à demander si cet argent n’était pas destiné  à chercher des terres cultivables en Casamance. Il s‘inscrit encore en faux contre de telles allégations. Dans ses dénégations, l’accusé dit ne pas connaitre Mactar Diokhané, Ibrahima Diallo et Imam Ndao. Niang ne connait que Aboubakry Guèye pour qui il  n’a pas tari d’éloges en disant que c’est un pieux et bon musulman.  Il a aussi réfuté la thèse selon laquelle il fait partie de l’association des sunnites. Avant Latyr, la chambre a procédé à l’audition de Marième Sow à qui Coumba Dieng avait confié de l’argent. Mme Sow déclare qu’elle ne connait Mactar Diokhané que de profession. Avant d’ajouter que son frère Ibra Sow a porté plainte contre ce dernier après quelque temps de mariage avec Coumba Dieng. En fait, la famille, dit-elle, avait découvert que Diokhané n’est pas un mari idéal pour Coumba Dieng, parce qu’il fréquentait un réseau extrémiste.

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