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Animant samedi dernier un panel sur le cancer, le Docteur Abdoul Aziz Kassé a fait un plaidoyer pour des centres de radiothérapie sur l’ensemble du territoire national. Il était l’invité de l’Amicale des femmes de l’aéronautique civile du Sénégal (Afacs) qui fêtait la Quinzaine de la femme.

Le combat contre le cancer au Sénégal doit être mené au quotidien. C’est la conviction du Docteur Abdoul Aziz Kassé. Samedi dernier, au cours d’un panel à l’initiative de l’Amicale des femmes de l’aéronautique civile du Sénégal (Afacs), le cancérologue a fait un plaidoyer pour les personnes exposées. Il déclare : «Il faut arrêter de ne faire qu’octobre rose. Octobre rose, c’est bien pour la sensibilisation, c’est bien pour le plaidoyer. Mais vous croyez que les 3 millions 500 mille femmes qui ont besoin de se faire dépister le sein, on peut les dépister en un mois, ce n’est pas vrai.»
Dans le même sillage, le panéliste a exhorté l’Etat à mettre en place des centres de radiothérapie un peu partout mais aussi à procéder à la baisse des coûts du traitement. D’ailleurs il est convaincu que «si on avait 75 centres dans chacun des districts du Sénégal pour une valeur de 12 millions, donnez-moi 10 ans, je vais arrêter cette tuerie qu’exerce le cancer du col chez les femmes», dit-il.
Par ailleurs, Dr Kassé a expliqué au personnel féminin de l’Aéro­nautique civile sénégalaise les conséquences de cette maladie sur la santé humaine en général et en particulier chez les femmes. Il dit : «Si vous prenez les morts du paludisme 460 mille, les morts du Sida, 2,1 ; le total fait 2,5. Le cancer tue trois fois plus que le Sida et le paludisme réunis. Le cancer tue plus que le Sida, le paludisme, les accidents de la voie publique, les homicides, les suicides, les incendies et les guerres réunis. Le cancer est en train de ruiner l’économie des ménages. Au Sénégal pour traiter un seul cas, il vous faut prendre l’équivalent de 15 à 20 salaires du niveau du Smic tous les mois pour soigner les malades.»
Quant aux causes liées à la pathologie, il dira que «30% des cancers sont liés au tabagisme. On supprime la cigarette de notre pays, un 1/3 des cancers disparaît», assure-t-il. Selon lui, les risques du cancer du sein chez la femme sont fréquents chez les plus de 40 ans, il y a plus de cas de cancer quand une femme a déjà eu un cancer dans sa famille. Mais également, il y a plus de cas quand une femme a vu ses règles avant l’âge de 10 ans, plus de cas quand les femmes ont vu leur ménopause tardive après 52 ans, il y a plus de cas chez ces grandes intellectuelles qui, fraîchement émoulues des écoles, attendent d’abord une très belle carrière pour procréer et il y a beaucoup d’autres inconnus.
Alors dans son discours de bienvenue, Aïssatou Ndama Bâ, présidente de l’Amicale des femmes de l’aéronautique civile du Sénégal (Afacs), a indiqué que «la Quinzaine de la femme est très significative pour nous, car elle est mondialement dédiée à la femme, la célébrer aujourd’hui est une première pour l’Afacs et ceci depuis notre déménagement dans notre nouvel aéroport, Blaise Diagne. Et cette belle initiative traduit le respect, la considération, l’attachement et l’attention que portent notre ministre (Maïmouna Ndoye Seck) et le top management sur son personnel», dit-elle. L’autonomisation de la femme dans le milieu aéroportuaire a été le thème de cette journée.
msakine@lequotidien.sn

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