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Le directeur national de la Bceao estime que le franc Cfa est une «excellente monnaie». Face à la presse hier, Ahmadou Al Aminou Lô a regretté que la passion prenne le pas sur la réalité dans la polémique autour de cette monnaie. D’après lui, le France n’est que le garant de cette monnaie, qui «appartient» à la Bceao.

Le directeur national de la Bceao, Ahmadou Al Aminou Lô, fait retenir que la France «n’a aucun pouvoir de décision sur la monnaie Cfa». A la fin de la traditionnelle réunion trimestrielle avec les directeurs généraux des banques et établissements financiers du Sénégal, M. Lô s’est, lors d’une conférence de presse, prononcé sur la polémique autour du franc Cfa. S’il n’a pas eu de «commentaire particulier» sur l’expulsion de l’activiste Kemi Seba qui avait brulé un billet de banque, le directeur national de la Bceao a défendu bec et ongle la monnaie de la zone Uemoa. «Il y a beaucoup de bruit autour du franc Cfa. La plupart des gens qui en parlent n’en savent pas grand-chose. La passion a pris le dessus sur le savoir», a-t-il regretté. Avant d’ajouter : «Dans le Conseil d’administration, la France a un représentant qui participe aux réunions pour rendre compte à son pays. Cet Etat n’est pas représenté au Conseil des ministres qui est notre organe politique. Dire autre chose que cela relève juste de l’ignorance. La France ne peut nous tordre le bras sur cette monnaie.»

«Le Cfa est une excellente monnaie»
D’après Ahmadou Al Aminou Lô, le Cfa est une monnaie «crédible et stable» parce qu’il remplit toutes les 3 fonctions d’une bonne monnaie. «C’est une unité de compte et toutes les monnaies peuvent s’en réclamer. C’est un intermédiaire dans les échanges. Il y a des monnaies qui n’y arrivent pas parce que dans les pays où il y a la dollarisation, lorsque vous allez au marché, vous allez payer en dollars. Enfin, c’est une réserve de valeurs, car cela vous permet de faire une épargne. Cela veut dire que vous n’allez pas d’ici 1, 2 ou 3 ans perdre en valeur, en pouvoir d’achat. Quand une monnaie remplit toutes ces 3 conditions, c’est une excellente monnaie», argumente-t-il. A l’en croire, au-delà des pays de la Bceao, cette monnaie circule dans des Etats comme la Gambie, le Nigeria, le Ghana, etc. M. Lô rappelle aussi que lors du pèlerinage à la Mecque de cette année, ceux qui voulaient des rials ont été satisfaits, car la Bceao a «suffisamment de réserves de changes, de crédibilité externe grâce à la convertibilité externe du franc Cfa». Pourtant, précise le patron de Bceao-Sénégal, les Etats partie auraient pu ne pas rendre convertible le franc Cfa.
Mais, déduit-il, «on fera face à ce que beaucoup de pays subissent avec un contrôle des changes. Au Nigeria, il y a un contrôle des changes très strict. C’est le cas avec l’Egypte où durant le ramadan, il y a un contrôle des allocations de devises. Ce qui fait qu’on peut se retrouver soit avec une inflation sur les produits importés ou une rupture des produits importés. On ne connait pas ce genre de situation dans notre zone, car on a une garantie de convertibilité illimitée qui emporte des contreparties qui n’ont rien avoir avec ce que des gens disent dans la rue». M. Lô s’insurge contre ceux qui qualifient le Cfa de monnaie étrangère. «Certains prétendent que nous n’avons pas notre propre monnaie. C’est faux ! Cette monnaie est à nous. Ce qui nous différencie des autres est qu’on est allés chercher un pays qui nous garantit cette monnaie pour l’obtention de devises. Cela amène de la confiance avec les populations et les investisseurs. Notre relation avec la France ne dépasse pas le fait qu’elle nous a assuré que chaque fois qu’on est en panne de devises, elle peut nous en prêter, quelles que soient les sommes», conclut-il en indiquant que seuls 7 pays en Afrique fabriquent leur monnaie sous leur sol.
bgdiop@lequotidien.sn

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