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En marge de la rencontre avec le président des Jcc, des acteurs culturels du Sénégal ont bien voulu partager leur sentiment sur l’honneur qui était fait au pays et ce qu’il fallait en attendre.
Maguèye Kassé, Professeur: «Ce n’est pas symbolique»
Ce n’est pas seulement à titre symbolique que le Sénégal est choisi comme invité d’honneur. C’est en même temps un prétexte pour ouvrir d’autres champs, revenir à des traditions que nous avions connues. Le premier Sénégalais qui a eu un prix, c’était à Carthage. L’autre aspect important, c’est le choix des films que nous voulons présenter : un hommage aux anciens et un clin d’œil à la nouvelle génération. Leur responsabilité est énorme par rapport à leurs prédécesseurs. Il est aussi important de souligner la diversité de l’offre que vous présentez au Sénégal. Ce n’est pas seulement la question du cinéma, mais c’est aussi une vitrine culturelle pour mieux faire connaître, dans le brassage des cultures différentes, ce que le Sénégal peut présenter à Tunis. L’aspect culinaire est important, le festif, la musique et la danse. Il faut que la jeune génération sache qu’il y a ces opportunités. On n’a plus besoin d’aller vers le nord pour cela. Il faut qu’on le fasse chez nous, dans une coopération sud-sud.
Baba Diop, critique de cinéma : «Carthage, c’est vraiment la fête du cinéma»
Carthage, c’est un festival unique de par le nombre des jeunes qui se bousculent devant les salles. C’est vraiment la fête du cinéma. Surtout les nombreux contacts. Ce ne sont pas seulement des contacts sud, il y a aussi l’Europe, l’Amérique latine. Ce brassage mérite d’être souligné et l’importance de cette invitation qui va au-delà du cinéma, tisser des liens qui avaient déjà existé et qui doivent être réactualisés.
Angèle Diabang, réalisatrice : «Les Jcc, c’est bien pour le Sénégal»
J’ai été deux fois à Carthage. Je trouve que c’est une magnifique plateforme. Depuis quelques années, le cinéma sénégalais est en lumière. Depuis les prix qu’on a eus au Fespaco, et là être l’invité d’honneur aux Jcc, ça va encore donner au cinéma sénégalais une présence internationale confirmée. Il y aura des films, de la musique, de la danse et tous les arts. Ce n’est pas seulement le cinéma sénégalais qui sera mis en avant, c’est le Sénégal même. Et ce qui est bien aux Jcc, c’est qu’il y a un vrai public, un vrai engouement. Que cela soit dans la présence du public et dans les débats après les films, c’est exceptionnel. C’est bien pour le Sénégal.
Moussa Sène Absa, réalisateur : «Les Jcc, c’est mon baptême du feu»
Les Jcc, c’est mon premier baptême dans le cinéma. C’était en 1988. Je venais de finir mon premier film et j’ai eu le Tanit d’argent. Cela m’a propulsé dans le cinéma. Cela fait 30 ans, mais ce souvenir est encore en moi. Il y avait à l’époque une dynamique de coproduction très forte entre le Sénégal et la Tunisie. Et je me rappelle les phrases de Tahar Cheriaa (Ndlr : le créateur du festival) qui disait qu’il fallait décoloniser nos écrans. Et c’était son cheval de bataille. Voir la Tunisie rendre hommage au Sénégal pour cette 29e édition me rend fier. Je ne raterai ça pour rien au monde».
aly@lequotidien.sn

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