PARTAGER

Les habitants de Grand-Médine, Patte D’oie, Grand-Yoff ont assisté hier à une scène macabre au niveau du pont de l’Emergence. Deux corps ont été extraits d’un canal sous le pont de l’Emergence, repaire connu de délinquants.

C’est une matinée de tristesse. Le pont de l’Emergence ploie sous le poids des émotions. Théâtre d’une scène tragique, il est pris d’assaut par de nombreux badauds, des flics, des pompiers et des autorités territoriales. Sous le soleil, les sapeurs et les policiers scientifiques sautent dans le tunnel. Emmitouflés dans leurs combinaisons, portant des casques, les sapeurs extraient deux corps sans vie du canal d’évacuation des eaux de pluie sous l’ex-pont «Sénégal 92». Scène inédite pour les riverains, qui ont assisté à l’extraction des deux corps en état de putréfaction. Ils observent les flics mettre les restes des corps dans des sachets. Horrible !
Le périmètre est sécurisé par les gendarmes, pour éloigner les curieux des lieux de la découverte macabre que l’odeur n’arrive pas à chasser. Après quatre heures de travail, les sapeurs-pompiers et les flics achèvent leur pénible travail dans une atmosphère pestilentielle. C’est l’instant des commentaires. Et des supputations. Qu’est-ce qui s’est passé ? Babacar Ibra Mar, sous-préfet des Parcelles Assai­nies, explique : «Aujourd’hui (hier) vers 10h les sapeurs-pompiers ont reçu un appel qui informe de la découverte de corps sans vie dans le tunnel. La personne qui a fait la découverte est un des amis des disparus qui, après être resté pendant un certain temps sans les avoir vus, a décidé d’aller fouiner un peu dans le canal. Parce qu’il a eu l’information d’un incident qui s’est passé il y a quelques semaines (14 novembre Ndlr), et que des personnes parmi ses amis ont eu à emprunter le canal. Naturellement, il a voulu vérifier, quand il est entré dans le canal au bout de 50 m, c’est là qu’il a découvert deux corps sans vie… On ne sait pas combien de temps ils ont été dans le tunnel.» Certains en ont une idée précise. Dans la nuit du 14 au 15 novembre 2018, ils auraient agressé une dame, qui a succombé à ses blessures, à hauteur du stade Senghor, avant de se réfugier dans le tunnel de canalisation pour échapper à la furie des populations. Ils ont été piégés à l’intérieur par les riverains qui ont mis le feu à l’entrée du canal. Dr Siaka Coulibaly, coordonnateur du Collectif des structures d’appui des enfants en difficultés, parle même de négligence. Il dit : «Les autorités policières avaient l’information qu’on avait quatre enfants disparus. Mais rien n’a été fait. L’in­tervention devait avoir lieu depuis très longtemps. Mais, elles ont attendu que l’irréparable se produise pour réagir.»
En tout cas, le Pont de l’émergence est le repaire des malfrats et des «faxmen». Ce qui en fait un coin criminogène. Le sous-préfet des Pa s’explique : «La police fait énormément d’efforts pour sécuriser la zone. Il n’est pas besoin d’être sorcier pour le dire. Comme dans tout centre urbain, il y a des zones où on note une hausse de la criminalité… » En écho, Bandé Diop, maire de Patte D’oie, précise : «La sécurité des biens et des personnes est du domaine régalien de l’Etat du Sénégal. Nous en tant que collectivité décentralisée nous appuyons l’Etat dans cette activité. Mais, il est reconnu que cette zone fait l’objet de délinquance. Nous avions même senti un léger mieux quand il y eu ce cas d’agression, (d’une dame, le 14 novembre et les riverains ont délogé les jeunes du site Ndlr). Nous pensons que dans les heures à venir nous connaitrons l’épilogue. Nous allons attendre les conclusions de la police, pour savoir qu’elle est la conduite à tenir. Pour le moment on n’a pas encore identifié les corps, on a pris des images et je pense que la police scientifique ne tardera pas à les identifier.»
Stagiaires

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here