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Jeune et désœuvré, Mayoro Dione  dépose ses baluchons au Brésil. Le hasard faisant bien les choses, sa taille élancé et son teint noir éclatant le feront vite remarquer sur les podiums des grandes cités brésiliennes. Désormais célèbre dans son pays d’adoption, le jeune sénégalais aspire à se faire une renommée dans son pays d’origine.

La nature est parfois très généreuse à l’endroit de certaines personnes. Mayoro Dione est de celles-là. Mince et élancé, ce jeune sénégalais de teint noir au regard perçant, a su profiter de ce que la nature lui a donné pour gagner sa vie. Son profil de sahélien avec son mètre 95, fait de lui une perle rare dans le milieu du mannequinat au Brésil. Pour­tant, Mayoro Dione qui voulait être célèbre,  n’avait pas choisi ce métier dans son plan de carrière. C’est par un coup du sort qu’il va se retrouver sous les projecteurs au Brésil. «J’ai embrassé ce métier  grâce à mon ami Tahib Ramassou. C’est un grand mannequin. Et c’est lui qui m’a amené dans une agence pour faire un test qui s’est avéré fructueux. Mais le métier de mannequin n’a jamais été mon rêve», dit-il.
C’est  dans l’unique but de gagner de l’argent dans un pays où il venait de mettre les pieds pour la première fois et de pouvoir subvenir aux besoins de ses parents restés au pays  qu’il a commencé à arpenter les podiums.  En réalité, son rêve d’enfant était d’être une star adulée et qui serait tout le temps visible devant les écrans des télévisions. Mais il n’a jamais pensé au mannequinat pour atteindre cet objectif. Il avait plutot jeté  son dévolu  sur le cinéma.
Seulement, le destin lui fera un clin d’œil. A 18 ans, il décide de se lancer à l’aventure. Il quitte son pays  et dépose  ses baluchons au Cap-Vert. Après quatre années passées dans ce pays, il se rend au Brésil où le métier de mannequinat lui tend la main. «Mais quand j’ai embrassé ce métier, j’ai commencé à y prendre goût», avoue-t-il.

Les vertus du mannequinat
Aujourd’hui, Mayoro Dione connaît les vertus de ce métier : «C’est un métier noble qui permet de mettre en valeur une marque», confie-t-il.  A l’en croire, pour qu’une marque soit valorisée, les fabricants ont besoin du concours d’un mannequin. Il prêtera ainsi son image à plusieurs campagnes et participe à rendre visibles de nombreuses marques. «J’ai fait une publicité avec la marque Nike pour les jeux Olympiques de 2016 organisés par le Brésil. Je fais partie de ceux qui ont fait la promotion », se glorifie-t-il.
Le jeune sénégalais ne s’est pas arrêté en si bon chemin. Son métier de mannequin l’a amené à s’approcher des stars et des personnes de grande renommée. «J’ai fait aussi des publicités avec de grandes stars comme Neymar, Raphael Nadal, Béret Bouche, avec Nike, des banques, pour la lutte contre le cancer», dit-il.
Toute modestie à part, Mayoro Dione n’est plus à présenter.  «Je fais partie des mannequins noirs les plus célèbres au Brésil», se targue-t-il, dans un pays où les hommes comme les femmes sont très beaux et élégants. C’est l’un des pays qui regorgent le plus de mannequins et d’agences de mannequinat dans le monde. Rien  qu’à Sao Paulo, il y a 214 agences de mannequinat dans cette région. Et sortir son épingle du jeu devant une aussi rude concurrence n’est pas chose facile. Mais les atouts du mannequin résident  dans sa morphologie très distincte de celle des Brésiliens. «Pour tracer mon sillon dans ce monde aussi concurrentiel, c’est grâce à la différence de ma nature. Je suis très noire et élancé. Il est difficile de voir un  Brésilien comme ça. Il y a aussi le facteur chance et l’envie de réussir. Il y a des Brésiliens noirs, mais pas élancés et noirs comme moi», explique Mayoro dont le rêve aujourd’hui est d’être connu du public sénégalais.
Mais conscient de la brièveté de sa carrière, il prépare déjà sa reconversion en créant sa propre marque dénommée  Diongué  passion et en ouvrant des boutiques pour parer à toute éventualité.  Mayoro Dione allie aussi bien la publicité que le mannequinat. Aujourd’hui son rêve  d’enfant de faire le cinéma le démange toujours.  «J’ai longtemps aimé le cinéma», dit-il, et son objectif c’est d’être connu. «Au Sénégal, je ne suis pas connu. Je veux être un acteur de la trempe de Omar Sy. Je veux être acteur dans des séries sénégalaises», dit-il. En attendant, il a déjà mis le pied à l’étrier dans le film Amor preto «l’amour du noir»,  dans lequel il a joué  au Brésil. «Le deuxième film, j’ai fait de la figuration. Je n’étais pas apparu. Il s’intitule Nigue talioliano et j’ai parlé en wolof »,  explique-t-il.

Epicurien dans la chair 
Il lui reste du chemin à parcourir pour atteindre ses objectifs.   Mais Mayoro se heurte encore au handicap de la langue  au Brésil.  Ce jeune, qui n’a pas fait des études poussées, a toujours eu un goût prononcé pour la belle vie. «Ce qui m’intéressait, c’était de m’habiller et de frimer», reconnaît-il. Mais le manque de moyens de ses parents et son éducation qui laissait à désirer, ont fait qu’il a abandonné les bancs. Laissé à lui-même par un père policier marié à 3 femmes, Mayoro ne comptait que sur sa mère aux moyens modestes. Après une tentative à l’entrée en sixième, il a jeté l’éponge en classe de Cm2.  Aujourd’hui,  le mannequin a repris les études pour corriger ces lacunes en apprenant le portugais et l’anglais.

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