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En mars 2018, il livrait son dernier message public sans le savoir. Mame Bouh Mamadou Kounta avait demandé à l’Etat d’assumer ses responsabilités suite à la tension sociale et économique qui secouait le pays avec la série de grèves notées dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

«C’est inadmissible qu’un ministre croise les bras sous la climatisation, profitant des plaisirs du pouvoir, devant les problèmes des Sénégalais.» Cette phrase contenue dans le dernier message du défunt khalife général des Khadres, Mame Bouh Mamadou Kounta, montre la profondeur de sa solidarité envers les démunis. C’était à l’occasion d’une visite d’une délégation du mouvement «J’aime le Sénégal» (Jas). Il invitait l’Etat, face à la tension sociale et économique qui secouait le pays en mars dernier, d’«assumer pleinement les responsabilités qui lui sont offertes par le Peuple, au lieu d’utiliser la force du pouvoir pour faire ce qu’il veut». Le défunt khalife ajoutait : «Seul le pouvoir de Dieu est éternel. Tous les autres sont éphémères et tout le monde doit s’approprier cette vérité absolue pour bien regarder les actes qu’il pose.» Très engagé pour une éducation pour tous, Mame Bouh avait indiqué que l’un des actes urgents que l’Etat doit poser, c’est de décrisper l’espace scolaire car, avait-il signalé, «pour qu’un pays soit émergent, il faut d’abord et avant tout une éducation de bonne qualité». Ainsi, il demandait aux «différentes parties de mettre en avant les intérêts du Peuple sénégalais». A l’Etat particulièrement, le marabout avait demandé d’«assumer ses responsabilités afin de permettre au système éducatif de continuer à fonctionner». Cela, en «assurant l’essentiel afin de créer de très bonnes conditions d’études». S’agissant de la crise économique, avec notamment les paysans qui peinaient à vendre leur arachide, l’ex-khalife général de Ndiassane s’offusquait : «L’Etat doit prendre ses responsabilités par rapport à ce problème», car «chaque fois que le gouvernement a besoin des agriculteurs, ces derniers se sont mobilisés pour le satisfaire». Donc, «il faut régler ce problème de manière urgente pour leur permettre d’écouler leurs productions parce que ce sont des pères de famille qui ont des charges et qui doivent bénéficier des retombées de leur travail après des mois de sacrifice».
nfniang@lquotidien.sn

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