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Par Hyacinthe Diandy
«Estime, respect, considération.» Ces mots reviennent souvent quand l’un parle de l’autre. Du coup, on comprend la gêne des acteurs du basket sénégalais (anciens internationaux et dirigeants) qui assistent avec regret à cette polémique regrettable, par presse interposée, entre Adourahmane Ndiaye «Adidas» et Moustapha Gaye.
Une gêne qui peut se comprendre quand on sait que ces deux anciens internationaux ont souvent cheminé ensemble pour l’intérêt du basket sénégalais voire continental. D’ailleurs, c’est comme s’ils avaient le même destin quand on revient sur leur cheminement sur le banc des équipes nationales.
En effet, adjoint de «Adidas» en 2006, Tapha Gaye l’a remplacé à la tête des Lions pour le Mondial de la même année. A l’origine, un différend avec le ministre des Sports d’alors, Daouda Faye, ayant conduit au départ de «Coach Abdou» qui avait pourtant qualifié le Sénégal à ces joutes mondiales. Et comme par hasard, l’histoire se répète cette année 2019 avec toujours l’ancien coach de l’Equipe nationale féminine qui va conduire les Lions au Mondial chinois. Le «Boppois» ayant été choisi en catastrophe suite à un désaccord entre «Adidas» et le président de la Fédé de basket, Me Babacar Ndiaye. Justement, c’est de là qu’est partie cette brouille entre deux techniciens émérites qui se vouent pourtant un respect mutuel.
Face à la presse, «Adidas» a marqué sa surprise de voir Tapha Gaye accepter de jouer les «roues de secours». Alors que dans les mêmes circonstances, il révèle avoir refusé de le remplacer, a-t-il rappelé. Tout en considérant une telle attitude comme une «trahison».
La réplique n’a pas tardé venant du coach de l’Asc Ville de Dakar apparemment surpris par cette sortie venant de «quelqu’un avec qui j’ai travaillé dans le passé et que j’apprécie énormément». Et Tapha Gaye de rappeler à son tour qu’en tant qu’assistant de «Adidas», il n’avait «jamais touché un franc ni signé de contrat».

Pour l’intérêt
de notre basket, «Adidas» et Tapha Gaye doivent se retrouver
Justement pour revenir sur les conditions de sa nomination, la question est de savoir si Tapha Gaye avait le choix pour quelqu’un qui se dit être «au service de mon pays». Et en donnant son accord, il a du coup «sauvé» la Fédération qui, en cas de désistement, allait se retrouver dans une situation très cocasse dans l’optique d’une recherche éventuelle d’un successeur à «Adidas».
Mais on est aussi tenté de nous demander si Tapha Gaye avait été sollicité après le point de presse de «Adidas», est-ce qu’il allait donner son accord ? Car à entendre le désormais ex-coach des Lions revenir face à la presse sur les péripéties qui ont rythmé son cheminement avec le président de la Fédé de basket, ce n’est rien d’autre qu’un manque de respect pour ne pas dire une vraie humiliation. Et en tant que président de l’Association des entraîneurs de basket du Sénégal, une structure censée défendre la dignité et les intérêts de ses membres, Tapha Gaye aurait dû sûrement avoir un peu plus de recul avant de plonger.
Mais comme on dit : le vin est tiré il faut le boire. Mais faudrait-il à l’avenir que l’affaire «Adidas» serve de leçon aux Fédéraux et aux autorités qui doivent avoir un peu plus de respect vis-à-vis des entraineurs nationaux. En attendant, des anciens acteurs de la balle orange, comme les doyens Abdoulaye Sèye Moreau et Mamadou Sow, devraient jouer les médiateurs. Car pour l’intérêt de notre basket, «Adidas» et Tapha Gaye doivent se retrouver…

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