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Alors que l’on pensait que la binationale Doungou Camara peut jouer librement pour le Sénégal après avoir évolué sous les couleurs françaises en junior, voilà que la révélation de la Can 2016 de handball a été stoppée dans son élan, avec au bout une terrible disqualification. La «règle des 3 ans» est passée par-là.

C’est toujours la gueule de bois côté sénégalais au lendemain de la disqualification des Lionnes du handball de la Can 2016 en Angola. Ce qui les prive en même temps d’une participation historique à une Coupe du monde.
Une décision prise par la Fédération internationale de handball et qui continue de faire couler beaucoup d’encre. L’ins­tance mondiale de la «petite balle» s’étant appuyée, suite à un recours de la Tunisie, sur l’article 6.1 du Code d’admission pour tout handballeur souhaitant jouer sous un autre maillot et qui stipule : «Trois ans avant leur convocation pour l’Equipe nationale en question, ils (les joueurs concernés) ne doivent avoir joué dans aucune Equipe nationale d’un autre pays lors d’un match officiel. Sont considérés comme matchs officiels les matchs de qualification pour un Championnat continental, les matchs d’un Championnat continental, les matchs de qualification pour un Championnat du monde et des Jeux olympiques, les matchs d’un Cham­pionnat du monde et de Jeux olympiques.»

«Si le Sénégal a fraudé, la Confédération a aussi fraudé»
Une disposition qui, selon la Fédération internationale, n’a pas été respectée par Doungou Camara qui a joué en 2014 le Mondial junior avec la France et qui ne devait être qualifiée qu’en… juillet 2017.
En guise de réplique, le président de la Fédération sénégalaise de handball, Seydou Diouf, s’est étonné qu’on attend jusqu’à la Can 2016 pour évoquer la qualification de Doungou Camara qui, depuis, a participé à des com­pétitions officielles, comme les Jeux africains et le tournoi préolympique. Le patron du handball sénégalais de désigner du doigt la Confédération africaine de handball (Cahb) qui, selon lui, a permis à la joueuse de participer à ces compétitions pour avoir validé sa licence. Un ancien handballeur n’ayant d’ailleurs pas hésité à nous glisser à l’oreille : «Si le Sénégal a frau­dé, la Confédération africaine de handball a aussi fraudé.»
Mais valider une licence est une chose, autoriser la joueuse à «compétir» en est une autre. Et apparemment, c’est dans cette mauvaise brèche que les dirigeants sénégalais se sont engouffrés pour justifier la qualification de la joueuse ; d’où la question qui revient au galop : le président Seydou Diouf ignorait-il cette fameuse règle des 3 ans que tout joueur binational doit respecter pour jouer sous un autre maillot ? Ignorait-il que ce qui se passe au football concernant les binationaux ne l’est pas pour le handball ?
En tout cas, une constante demeure : dans leur «plaidoirie», les Fédéraux semblent n’avoir pas pris en compte cet argument-béton de la «règle des 3 ans» qui finalement leur a valu cette disqualification qui fera une grosse tache noire au sein d’une discipline qui avait pourtant réussi à prendre son envol après plusieurs années de diète.

Le cafouillage coupable de la Confédération
Mais quid de la Confédération africaine de handball ? Faut dire que le cafouillage noté dans la démarche de l’instance continentale suite à l’appel de la Tunisie, déboutée en première instance, à de quoi surprendre. En clair, on a senti au moment de prononcer le verdict un flottement entre la Fédération internationale et la Confédération africaine. Sinon, comment comprendre que l’instance continentale programme l’affiche de la finale (Sénégal-Angola) tout en sachant que les Tunisiens avaient fait appel ? Poussant les Sénégalais à jubiler avant de revenir à la triste réalité d’une disqualification-assassine.
Un cafouillage coupable ponctué par des hésitations venant des deux instances de décision et qui ont poussé certains à parler de «complot». Un mot un peu trop fort si on se fie aux textes et à cette fameuse «règle des 3 ans» qui finalement a eu raison des dirigeants sénégalais qui ont décidé de saisir le Tas, sûrement pour attaquer la décision sur… la forme.
hdiandy@lequotidien.sn

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