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La prestation décevante de Gana Guèye en finale de la Coupe de la Ligue vendredi dernier a fait débat, poussant même son coach à l’enfoncer publiquement dans des propos qui pouvaient rester dans les vestiaires. Pourtant, Thomas Tuchel n’est pas exempt de reproche dans les contre-performances du milieu parisien. Décryptage.

C’est une saison paradoxale que vit Gana Guèye. Auréolés de trophées cette année 2020 (Championnat, Coupe de France et Coupe de la Ligue), le milieu du Psg est pourtant en plein doute en cette fin de saison et à quelques jours du début des quarts de finale de la Ligue des champions.
Titulaire en finale de la Coupe de France contre Saint-Etienne (1-0), puis vendredi contre Lyon en finale de la Coupe de la Ligue (0-0, 6-5 tab), Idrissa Gana Guèye est passé à côté de ces deux matchs. Son entraîneur, Thomas Tuchel, a tenté d’expliquer la mauvaise passe du milieu de terrain, assez inquiétante à quelques jours du quart de finale de Ligue des champions contre l’Atalanta Bergame. «J’ai l’impression que Gana ne joue pas assez libre, avec la meilleure confiance», a estimé le technicien en conférence de presse.
Une première réaction assez surprenante si on sait que l’entraîneur doit être le premier à donner confiance à son joueur, à travers un discours qui sied et au détour d’un tête-à-tête dans un coin du vestiaire. Un travail psychologique que tout entraîneur n’ignore.

Les limites du trio Verratti-Marquinhos-Gana
Le technicien allemand ne s’en est pas arrêté là. Il a aussi évoqué le manque d’expérience de l’ancien Lillois, en déclarant : «Ander Herrera l’a remplacé parce qu’il est habitué à jouer des finales avec Manchester United, donc à jouer avec pression. C’était peut-être un peu plus facile pour lui de gérer la pression.»
Suffisant comme arguments pour expliquer la prochaine non-titularisation de Gana en quart de finale de la Ligue des champions. «Le voir débuter contre l’Atalanta, ce n’est pas une question pour aujourd’hui. Gana a fait de grands matchs contre le Real et Dortmund au retour. J’espère vraiment qu’il sera prêt contre l’Atalanta. On doit attendre et on décidera.»

Gana plus à l’aise en duo avec Verratti
Pourtant et au regard de ses choix tactiques, Tuchel n’est pas exempt de tout reproche dans les contre-performances de l’international sénégalais. En témoigne l’option prise contre Lyon d’aligner dans l’entrejeu le trio Verratti- Gana-Marquinhos, avec le Brésilien comme sentinelle. Un choix loin d’être complémentaire et qui était plus pour contrer le 3-5-2 de Rudi Garcia que de donner de la fluidité au jeu de son équipe.
On connaît la suite, avec un Gana confiné à droite et en charge de surveiller les montées incessantes de Maxwell Cornet, très entreprenant dans son rôle d’excentré gauche lors de cette finale de la dernière édition de la Coupe de la Ligue. Un choix frileux qui explique en partie la prestation moyenne des Pari­siens face à des Lyonnais bien en place et qui confirme les balbutiements tactiques du technicien allemand, plus prompt à étudier l’adversaire que de miser sur ses propres forces.

Gana doit se faire violence 
Evidemment, cela repose le débat sur le positionnement de Gana au milieu. Tout le monde est d’accord qu’en club, le Sénégalais est plus à l’aise dans une position de sentinelle devant la défense, comme à Everton où ses fans ont toujours en mémoire ses tacles et jaillissements sur le porteur du ballon. A défaut, il semble aussi être à l’aise dans un milieu à deux récupérateurs. Et dans les faits, son duo avec Verratti a toujours été intéressant.
Mais à la décharge de Tuchel, Gana Guèye a aussi des choses à se reprocher. Il doit se faire violence. En effet, contrairement à son passage à Everton où il évoluait dans un style de jeu différent, sa timidité et son manque de «grinta» dans les duels donnent raison à ceux qui pensent qu’il doit être plus un joueur de caractère, plus rigoureux dans un secteur médian où tous les coups se donnent… sans gants.

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