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La prolifération d’associations notée ces derniers temps chez les acteurs du football pousse à s’interroger sur leur nécessité avec le risque d’une dispersion des forces. Décryptage.

On peut dire que la pandémie du Covid-19 inspire beaucoup chez les sportifs. Ces derniers temps, on a eu en effet droit à une prolifération d’associations venant des acteurs du football. C’est d’abord les entraîneurs du Sénégal qui ont quitté leur banc pour se retrouver loin des pelouses afin de créer une structure qui défend leurs intérêts. C’est ainsi qu’est né en juin dernier le «Collectif des entraîneurs de football du Sénégal (Cefs)», dirigé par Badara Sarr. Ce Syndicat, «en plus de son but de défendre les intérêts matériels et moraux des entraîneurs, est un cadre d’échange et de concertation, mais aussi de contribution pour la bonne marche de notre football sur le plan local et continental», précisent ses initiateurs.
Un mois après, les footballeurs sont entrés dans la danse en mettant en place, eux aussi, un syndicat pour défendre leurs intérêts. A l’issue d’une Assemblée générale, l’Union nationale des footballeurs professionnels du Sénégal (Unfps) a été créée. En attendant la tenue d’une Assemblée élective, l’Unfps a mis en place un bureau provisoire, dirigé par Lamine Mboup. «A travers ce syndicat, je veux que les joueurs soient respectés sur tous les plans», a rappelé l’ancien international et ancien joueur de la Jeanne d’Arc.
Mais rebondissement : samedi dernier, un segment de la fonction d’entraîneur, à savoir les préparateurs des gardiens de but, ont lancé leur amicale. L’ancien gardien de but des Lions, Cheikh Seck, est le président d’honneur. Les coordonnateurs étant Tony Sylva, Khadim Faye et Sidate Sarr. Ce dernier, par ailleurs coach de l’Us Gorée, de préciser : «Nous avons un besoin de formaliser le métier des préparateurs de gardiens et donner un contenu aux entraînements.»
Si toutes ces nouvelles associations ne sont pas une mauvaise chose dans ce milieu du foot où souvent les intérêts des acteurs sont piétinés, par contre on est en droit de s’interroger surtout sur l’utilité de la création de nouvelles structures chez les entraîneurs et footballeurs qui ont pourtant des structures qui existent.
Autant on peut comprendre la création d’un syndicat des entraîneurs (Cefs) qui veulent en toute logique défendre leurs intérêts, autant on peut s’interroger sur l’utilité de l’Association des entraîneurs et éducateurs de football (Aeefs), dirigée par Moussa Ndiaye. Une association censée, elle aussi, «défendre les intérêts matériels et moraux» de ses membres et qui voit une autre entité du même camp s’installer sur le même banc.

La léthargie de l’Associations des entraîneurs et celle d’anciens internationaux…
Normal donc que bon nombre d’observateurs parlent de «concurrence» entre deux entités du même corps et qui ont le même objectif. Et du coup, la nouvelle Amicale des préparateurs des gardiens de but est venue conforter ce risque de concurrence, si on sait que ces entraîneurs de gardiens font partie intégrante d’un staff technique.
Restructurer ou redynamiser l’Association des entraîneurs et éducateurs de football aurait donc été plus indiqué. Comme d’ailleurs il aurait été plus indiqué chez les footballeurs de «ressusciter» l’Association des anciens internationaux en lieu et place de la création de l’Union nationale des footballeurs professionnels du Sénégal (Unfps) ; ce qui ressemble fort bien à un doublon.
Il est vrai que la léthargie constatée au niveau de ces deux Associations, celles des entraîneurs et des anciens internationaux, est flagrante. Cela pouvant expliquer cette démarcation de certains qui ont opté de créer une structure parallèle. Mais c’est oublier que l’union fait la force. Et que la meilleure manière de s’affaiblir est de disperses ses forces. Comme c’est le cas présentement chez nos techniciens et anciens Lions.

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