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Ce qui se passe dans ce triangle d’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso, Niger, le Tchad, Nigeria etc.) est affligeant, lamentable, scandaleux. On a l’impression que ces Etats ne disposent pas de forces militaires ou s’ils en ont, se trouvent, pétrifiées, tétanisés devant la fureur des attaques quasi quotidiennes des barbares «terroristes» qui semblent avec aisance dicter leurs lois dans cette contrée de l’Afrique. Le plus grave, c’est que le massacre ira s’amplifiant, car les dirigeants politiques de tous bords ne sont pas à la hauteur ou n’ont pas cette volonté politique pour prendre à bras-le-corps le problème pour le régler. A y regarder de près, ni la Cedeao ni «Barkane» ni le «G5», encore moins le grand Conseil de «sécurité» de ce «machin» n’ont cette volonté. Tous, pris individuellement et collectivement, ne sont pas non plus à la hauteur de venir à bout de ces malfrats. Cela, au regard des moyens inexistants à tout point de vue et de leur impopularité.
Après la mort des quatre soldats américains au Niger, certains se sont étonnés hypocritement de leur présence dans ce pays. Alors que le projet Africom, mis en place par le Pentagone, se déployait dans la sous-région depuis belle lurette.
En termes génériques, selon les praticiens sérieux de la science politique, nous nageons toujours dans «la Francafrique», autrement dit le néocolonialisme. En ce sens que ces dirigeants ne manifestent pas leur indépendance ou leur souveraineté devant les problèmes à solutionner. Ce qui fait que par rapport au sujet qui nous préoccupe, ce jeune Burkinabè avait vu juste, lorsqu’il disait au cours d’une émission interactive d’une «radio mondiale» que les politiciens ont une conception étriquée et erronée de la «défense» et de la «sécurité», car pour eux, dit-il, la sécurité c’est le détachement de la garde présidentielle chargée de veiller à la sécurité du Président et la garde prétorienne, chargé de défendre le régime et le système par la répression des masses des militants politiques de l’opposition et des travailleurs grévistes. Les populations qui tombent comme des mouches dans l’arrière-pays, les militaires désarmés (rappelons qu’on a privé au général Sanogo, nommé à ce grade par l’actuel Président malien, les armes qui avaient été bloqués aux ports de Dakar, Cotonou, Abidjan ou Lomé), sans moyens malfamés, c’est le cadet de leurs soucis. Aussi, les écoles qui ferment par centaines, les maisons, les produits vivriers saccagés, brûlés, cela ne trouble pas leur petit-déjeuner. Maintenant qui peut penser un instant que nos messieurs détiennent la solution du problème ? Ils n’en ont pas. Parce qu’ils sont impopulaires et sous ordres. Un gouvernement impopulaire est incapable de prendre des décisions hardies allant dans le sens de l’intérêt du Peuple.
Or, le Peuple en arme, sous-tendu par une Armée populaire politiquement formée (c’est-à-dire une Armée sachant où se trouvent nos intérêts, qui sont nos amis qui sont ennemis), pourrait être la parade contre ces tueurs à gage soutenus par les bandits marchands d’armes et trafiquants de drogue, tapis dans les palaces des tours à Panama, du Caire, de Djiddah, Washington, Londres ou Paris.
Mais il n’y a rien à attendre de ceux-là dont, pour eux, le seul terme Peuple revoie à la révolution et les effraie. Et pour cause ? En tout cas la guerre conventionnelle de position ne pourra pas régler le problème. Le Peuple en arme, (avec à côté la kalakh, le courous et la daba), voilà une donnée stratégique qui peut tenir en respect tous les envahisseurs.
Par exemple, quel est le djihadiste qui oserait mettre les pieds en Guinée-Bissau, en Erythrée (où cohabitent chrétiens et musulmans), malgré la situation difficile que traversent ces pays ? Ce dernier pays est séparé par la Mer Rouge (appelé en pays wolof Baaru Xalsoom) de l’Arabie Saoudite et le Yémen, mais les djihadistes et autres réfléchiront par deux fois avant de mettre les pays dans ce pays qui compte des érudits chrétiens et musulmans. Notons qu’en Guinée comme en Erythrée, la tradition, les valeurs ne sont pas des vains mots. Tous ont lutté pour leur liberté les armes à la main en tant que chrétiens et musulmans durant des siècles.
Mais si les dirigeants politiques au pouvoir n’ont pas de solutions, ceux de la composante fossilisée de l’opposition n’en ont guère non plus. Tout le monde est dans l’attentisme du «paacoo» (partage du gâteau) des 4 millions de francs Cfa. Donc, pour prévenir des dangers qui menacent l’intégrité physique, économique et politique de nos pays et Peuples dans leurs fondements, la jeunesse africaine des partis jeunes de la sous-région devrait davantage écouter Cabral, Cheikh Anta Diop, Mamadou Dia et autres patriotes africains, plutôt que ces faux chefs de parti et charlatans «médiateurs», briseurs de grèves, tous intégrés au pacte colonial.
Ababacar FALL-BARROS

1 COMMENTAIRE

  1. Tres bien dit. Comment tojour la Fracafrique ne lesse pas d´operer dans ces pays, plus encore l influence des Etat,Unis et ses aliés avec le premier raciste au monde, Donald Trump pour soutenir le pacte colonial.

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