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La commune de Mont-Rolland, dans le département de Tivaou­ane, vit les risques certains d’un prolongement de la  soudure pour ne pas dire une famine. Con­trai­re­ment à la situation qui prévaut dans tout le res­te du département, à Mont-Rolland, l’espoir d’une récolte est au point mort

A Mont-Rolland, commune si­tuée dans le département de Tivaouane, la famine et l’exode rural guettent les populations. Dans cette localité située à une  quinzaine de Km de Thiès, les pluies n’ont pas été au rendez-vous. «La commune con­naît, cette année, l’une de ses pires saisons d’hivernage avec seulement 219 millimètres de pluie enregistrés. La conséquence en étant de mauvaises récoltes et une impossibilité quasi-totale d’entreprendre des cultures de contre saison», explique le maire de la commune, Yves Lamine Ciss, en marge du vote du budget municipal de sa commune arrêté à 407 millions de francs Cfa. Face à cette menace réelle de famine qui plane sur sa localité, l’édile de Mont-Rolland de craindre un exode massif des populations surtout jeunes vers les centres urbains. «Quid des éleveurs qui ne disposeront pas de pâturage encore moins d’eau, puisque le bassin de rétention qui leur servait d’abreuvoir s’est tari», fera savoir M. Ciss en marge d’une visite effectuée au niveau de ce dit bassin de rétention. C’est pourquoi il insiste sur «les risques qu’encourent les populations de Mont-Rolland si rien n’est fait pour leur permettre de faire face à cette situation». Il ajoute : «la période de soudure est partie pour être des plus longues puisque, déjà au mois de janvier, les populations ne disposent d’aucune réserve alimentaire», dit-il. Au même moment, informera-t-il, «l’eau quitte Mont-Rolland pour arroser du gazon et des jardins de fleurs à Dakar alors que les Montrollantais ne peuvent pas accéder à cette eau pour étancher leur soif et développer leurs activités agricoles et pastorales. C’est incohérent», s’est presque étranglé Yves Lamine Ciss, qui n’a pas manqué de décrier «le tort qu’on nous fait dans l’exploitation du réseau «Pout Nord». Lequel réseau comprend une quinzaine de forages qui pompent l’eau à partir de Mont-Rolland pour alimenter Dakar et ses environs sans que les populations ne puissent en bénéficier». Il s’agit là «d’un paradoxe», ajoute-t-il, que rien, estime-t-il, «ne saurait expliquer et que l’Etat se doit de corriger. Surtout  quand on sait qu’indépendamment de ce paradoxe, la Sde qui exploite l’eau ne paie même ses patentes à la commune de Mont-Rolland». Pis, renseigne le premier magistrat de la commune de Mont-Rolland, «aujourd’hui, personne ne peut faire un puits dans l’espace communal puisqu’à force de pomper l’eau, la nappe s’est fortement affaissée à un point tel que même les puits existants se sont tous asséchés. C’est un problème réel pour toute la commune. Mais en tous cas, avec l’émergence dont on parle, nous pensons qu’il y a des problèmes de fond qu’il faut régler. Nous pensons qu’il y a beaucoup de choses à corriger si vraiment on veut atteindre l’émergence. Car l’émergence doit commencer par la base. Tant que l’écrasante majorité de la population éprouve de la peine à s’en sortir, le Sénégal restera encore longtemps là où il est».

nfniang@lequotidien.sn

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