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La 3e édition de la Nuit du boubou qui s’est déroulée ce samedi au Grand Théâtre a tenu toutes ses promesses. La styliste Thiané Diagne a fait parler sa créativité et épaté son public en faisant défiler ses mannequins dans des tenues en thioup, soie, des tenues glamours, adaptées à la fois aux petites sorties et aux grandes occasions. La directrice de l’enseigne Jour J, qui a également mis à l’honneur le Mali en tant que pays invité, a mis en avant, tout au long de cette soirée, des collections décentes. Une manière pour elle de sauvegarder «nos us et coutumes».

La 3e édition de la Nuit du boubou qui s’est tenue le samedi dernier au Grand Théâtre a vu défiler des mannequins en différentes tenues. Thiané Diagne, directrice de l’enseigne Jour J, a présenté 101 tenues réparties en 3 tableaux. Dès le premier, elle a montré des créations en thioup incrustés de motifs bogolans. C’est pour la créatrice une façon de faire un clin d’œil au Mali, pays invité d’honneur à cette 3e édition de la Nuit du boubou. «J’ai découvert que le bogolan est une matière faite au Mali de manière artisanale», explique-t-elle. Alliant jeux de couleurs, de formes, de styles, Thiané parvient à faire voyager son public au pays de Soundiata Keïta, tout comme un peu avant elle, Mme Maïga, la directrice de l’enseigne Evidence couture et présidente de l’Association des stylistes du Mali démontrait tout le savoir-faire malien dans le thioup. «Le 1er tableau c’est le Mali à l’honneur, j’ai mis à l’honneur des thioup faits au Mali, cousus et brodés au Sénégal, pour magnifier cette relation particulière qu’il y a entre les deux pays. Le Mali détient le monopole de la filière textile et du thioup, et le Sénégal a le monopole du savoir-faire dans ses coutures, broderies, dans ses créations en matière de basin», a expliqué Mme Diagne.
Ailleurs, dans le second tableau intitulé «Fashion kaléidoscope», elle dernière renoue avec la soie. Une matière qu’elle adore et travaille depuis ses premiers pas dans la création. Dans ce tableau, les mannequins apparaissent avec des tenues fluides, élégantes et adaptées aux petites sorties, soirées, cocktails… Dans le 3e tableau, elle entre dans un univers carrément glamour et présente des tenues faites pour les grandes occasions. Et pour le bouquet final, elle livre la mariée.
Tout au long du défilé, Thiané a marqué les esprits de par la décence de ses tenues. C’en est presque devenu sa marque de fabrique et elle répond également à l’intitulé de cette Nuit du boubou. «Je suis désolée et très peinée quand je vois les gens s’habiller en tenues déchirées. Ça ne nous ressemble pas… Nous avons nos coutumes, notre culture qu’il faut sauvegarder. La mode peut se faire en restant soi-même», dit-elle invitant les autres stylistes et créateurs à faire de la mode décente. «Nous, stylistes, devons jouer notre rôle en montrant des collections décentes… Il faut qu’on arrête de penser que c’est ce qui colle, ce qui est court qui est joli. Il faut qu’on apprenne aux jeunes que ce n’est pas ce qui est près du corps, qui est sexy, qui est féminin. Nos mamans se couvraient le corps et étaient très élégantes. Dans beaucoup de pays, des grandes dames s’habillent décemment et sont très élégantes. Même les grands stylistes font maintenant des collections très élégantes et très fluides qui ne collent pas au corps», dit-elle. Ailleurs, elle se félicite du soutien des autorités et annonce le lancement prochain au Sénégal d’une émission 100% mode pour promouvoir les talents de ce pays. «Le Sénégal regorge de créateurs talentueux, il faut qu’on les montre», lance-t-elle.
aly@lequotidien.sn

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