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Abdoul Aziz Guèye, coordonnateur de la Dgid.

Le Sénégal a accueilli hier, à travers la Direction générale des impôts et domaines (Dgid), le 5e congrès annuel du Réseau africain de recherche en fiscalité (Atrn). Un cadre d’échanges qui permettra aux acteurs de mettre en œuvre une stratégie pour faire face aux défis de la numérisation de l’économie, et d’avoir une meilleure fiscalité en Afrique.

Des chercheurs de l’administration fiscale, des organisations de la Société civile, des universitaires, etc. ont entamé depuis hier, une réflexion sur la stratégie à mettre en œuvre pour avoir une vision africaine qui tienne compte d’un idéal spécifique. Cela pour faire face aux défis de la numérisation de l’économie mais aussi d’avoir une meilleure fiscalité en Afrique. «Nous sommes ici pour faire l’économie des défis engendrés par la numérisation de l’économie. Donc, nos administrations fiscales sont interpellées dans le cadre de la lutte contre l’évitement fiscal et le transfert de bénéfice indirect», a martelé hier Abdoul Aziz Guèye, coordonnateur de la Direction générale des impôts et domaines (Dgid), lors du 5e congrès annuel du Réseau africain de recherche en fiscalité (Atrn).
A M. Guèye de procéder à une contextualisation historique : «A la suite de la crise financière de 2008, et de plusieurs scandales financiers laissant apparaitre des dysfonctionnements manifestement graves dans la coopération fiscale et un manque de transparence du système financier, les Etats ont progressivement impulsé une nouvelle dynamique de lutte contre l’évasion fiscale.» Cette contextualisation, selon lui, permet de se rendre compte de la complexité qu’apporte la numérisation de l’économie et des dangers qu’elle impose sur des systèmes fiscaux des pays en développement. A l’en croire, «notre pays a très tôt identifié ces dangers et s’est positionné dans une logique de renforcement de la transparence et de l’échange de renseignement à des fins fiscales».
Les travaux du congrès doivent aboutir à des axes de solutions et de partenariats autour des intérêts des Etats africains face aux opportunités de la numérisation de l’économie. Ceci fait dire à M. Guèye: «Ces solutions serviront d’inspiration aux décideurs pu­blics pour dimensionner nos systèmes fiscaux à un haut degrés d’efficacité et d’efficience par rapport aux enjeux et défis identifiés.»
Les Gafam (les géants du web), qui regroupent Google, apple, facebook amazone et microsoft, «engendrent un manque à gagner pour les Etats». Un problème qui sera pris en compte au sein dudit con­grès.
La directrice de la recherche du Forum sur l’Administration fiscale africaine (Ataf) ne dira pas le contraire. «L’Afrique perd énormément de ce côté-là. C’est pourquoi, l’Ataf et les administrations fiscales africaines essaient d’approcher ce problème de tous les points possibles du côté de la technologie, mais aussi de la législation. Actuel­lement, les décisions sont en train de se prendre à l’échelle internationale», affirme Nara Monkam. Laquelle ajoute : «L’Ataf est présente au niveau de l’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde). Cela, pour être sûre qu’on apporte la perspective africaine mais aussi que nous sommes pro­tégés de manière égale par rapport aux entreprises multinationales qui sont dans nos pays. C’est pour­quoi nous sommes là aussi.»
L’Inspecteur principal des Impôts et des domaines, Abdoul Aziz Guèye, pense par ailleurs, que la fiscalité au Sénégal se porte très bien. «Nous avons une administration fiscale moderne et efficace. On se bat au quotidien pour la mobilisation de ressources en vue de la couverture des charges publiques. Donc, c’est une administration fiscale dans le contexte d’un pays sous développé», dit-il. Il explique : «Nous sommes une administration fiscale qui cherche sa voie dans le concert des administrations modèles qui évoluent dans le cadre d’un pays sous développé. Donc, on se bat pour optimiser le recouvrement des impôts et des taxes. Nous avons des performances mais aussi des faiblesses.»
mfkebe@lequotidien.sn

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