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Le rapport, publié hier sous l’égide de l’Oms, de l’Unicef et de The Lancet, montre que «la santé des enfants, leur environnement et leur avenir» ne sont pas protégés de manière appropriée. Le document, intitulé A Future for the World’s Children? (Quel avenir pour les enfants du monde ?), renseigne que «l’avenir de chaque enfant ou adolescent dans le monde est compromis par la menace imminente que représentent la dégradation écologique, les changements climatiques et les pratiques commerciales abusives».
L’ex-Premier ministre de la Nouvelle-Zélande, qui co-préside ladite commission, attire l’attention sur le fait que «malgré des améliorations dans la santé de l’enfant et de l’adolescent au cours des 20 dernières années, les progrès stagnent et devraient s’inverser». Hélène Clark citée dans le document, soutient que «selon les estimations, environ 250 millions d’enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenu faible et intermédiaire risquent de ne pas pouvoir se développer pleinement, d’après les indicateurs relatifs au retard de croissance et à la pauvreté». Ce qui est, d’après elle, encore plus préoccupant, «c’est que chaque enfant dans le monde est désormais confronté aux menaces existentielles que représentent les changements climatiques et les pressions commerciales».
Le rapport montre que «l’intensification des changements climatiques est une menace pour l’avenir de chaque enfant». Il est constaté que «les émissions excessives de carbone, provenant de façon disproportionnée des pays les plus riches, sont une menace pour l’avenir de tous les enfants». La commission souligne dans son document que «si le réchauffement climatique dépasse 4° Celsius d’ici à 2100, conformément aux projections actuelles, les conséquences sanitaires pour les enfants seraient dévastatrices, du fait de l’augmentation du niveau des océans, des vagues de chaleur, de la prolifération de certaines maladies telles que le paludisme, la dengue, et la malnutrition». Selon les travaux menés par cette équipe d’experts, «les enfants de Norvège, de la République de Corée et des Pays-Bas disposent des meilleures chances de survie et de bien-être, tandis que les enfants de République centrafricaine, du Tchad, de Somalie, du Niger et du Mali sont ceux pour qui les perspectives sont les plus sombres». Co-présidente de cette commission, Awa Marie Coll Seck a fait savoir que certains des pays les plus pauvres rejetant «certaines des émissions de Co2 les plus faibles», sont parfois «exposés aux conséquences les plus néfastes des changements rapides du climat». Pour l’ancien ministre de la Santé du Sénégal, «promouvoir de meilleures conditions aujourd’hui pour permettre aux enfants de vivre et de s’épanouir au niveau national ne doit pas se faire au détriment de l’avenir des enfants à l’échelle mondiale».

«L’obésité chez les enfants multipliée par onze»
Outre les conséquences de la dégradation de l’environnement sur la santé des enfants, le rapport s’est aussi penché sur le marketing nocif. A cause de certaines publicités sur les aliments, les auteurs du document constatent que «l’obésité chez les enfants a été multipliée par onze». «L’exposition des enfants au marketing commercial pour la ‘’malbouffe’’ et les boissons sucrées est associée à l’achat d’aliments nocifs pour la santé et au surpoids et à l’obésité, le marketing agressif étant ainsi lié à l’augmentation alarmante de l’obésité chez l’enfant. Le nombre d’enfants et d’adolescents obèses, qui étaient 11 millions en 1975, est passé à 124 millions en 2016», renseigne le rapport.
Plaidant pour la protection des enfants, les membres de cette «commission indépendante appellent à un nouvel engagement mondial, en faveur des enfants». Ils recommandent de «mettre un terme aux émissions de Co2 de toute urgence pour garantir que les enfants aient un avenir sur cette planète, de placer les enfants et les adolescents au centre de nos efforts pour parvenir à un développement durable». Il est demandé également d’inciter «tous les secteurs à élaborer de nouvelles politiques et à investir dans les domaines de la santé et des droits de l’enfant, d’intégrer la voix des enfants dans le processus de décision politique». Concernant le marketing commercial nocif, il est recommandé de renforcer la réglementation «au niveau national, en s’appuyant sur un nouveau protocole facultatif à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant».

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