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Le juge du Tribunal d’instance qui a en charge le dossier de Samba Ba, délégué du personnel à la société Transport gasoil, va rendre son délibéré vendredi. Il est poursuivi pour le délit présumé de vol de carburant.

Délégué du personnel à Transport gasoil, Samba Ba est mouillé par l’administration de cette société de transport de carburant dans une affaire de vol. L’entreprise accuse son chauffeur d’avoir pompé une quantité de 80 l de gasoil dans ses reversoirs. Les faits se seraient produits à la cimenterie du Sahel, sise à Kirène, dans la région de Thiès. D’après le chef de la sécurité Assane Fall, ancien commissaire de police, le prévenu a été pris en train de puiser du gasoil. Il le mettait dans des bidons, selon le témoin. Et lorsqu’il a été informé, dit-il, il s’est déplacé pour constater le forfait. «Pourquoi n’avez-vous pas arrêté un voleur pris en flagrant délit comme vous le dites ?», lui demande un des conseillers du mis en cause. «J’ai préféré rendre compte», a rétorqué l’ancien policier. Deux jours après les supposés faits, un huissier a été commis pour faire le constat. Durant l’interrogatoire à la barre, le prévenu a rappelé qu’il a transporté du fuel à l’usine. Samba Ba a aussi déclaré avoir garé son camion dans le parking avant d’aller prendre son petitdéjeuner dans une gargote à côté. Il a expliqué au Tribunal que c’est au retour qu’il a trouvé lesdits bidons. Il s’est bien défendu en soutenant qu’il n’est nullement mêlé à cette affaire. Selon l’accusation, le prévenu avait pourtant reconnu avant de demander clémence. «Nous sommes convaincus qu’il s’agit d’un réseau. Sa culpabilité ne fait l’objet d’aucun doute», a avancé Me Daff de la partie civile. Selon lui, le réseau opère avec un modus operandi bien huilé. «Chaque camion qui livre et qui a un plus de gasoil, il puise», dit-il. Alors pour toutes causes et préjudices subis, la société de transport de carburant réclame la somme de 500 mille francs Cfa. Le ministère public, lui, s’en est rapporté. Mais pour Me Sambou de la défense, dans ce dossier, c’est comme dit l’adage, «quand on veut tuer son chien, on l’accuse de rage». Il pense que c’est un délégué du personnel qui travaille dans l’entreprise depuis 1993 et qui commence à déranger. Et, poursuit-il, aujourd’hui pour se séparer de lui, la société veut trouver les moyens juridiques pour le licencier. «Heureusement, ils ne parviendront jamais à leur fin.» Pour l’avocat, la partie civile doit démontrer que l’infraction de vol est caractérisée. Alors que, soutient-il, son client a été attrait à la barre sur la base de deux aspects, à savoir le Pv de constat d’huissier et des témoignages «contradictoires». Selon lui toujours, le Pv en question ne peut pas constater l’existence d’une infraction, donc c’est «une cabale qui a été orchestrée». A sa suite, Me Serigne Ndiongue a embrayé dans le même sens pour dire que «ce vol-là n’existe pas. Ça ne sort que dans l’imagination fertile de la partie civile et de ses témoins». D’après Me Ndiongue, on ne peut pas parler de vol de 80 litres alors que le camion de son client ne contenait que 70. La défense a plaidé le renvoi de Samba Ba des fins de la poursuite sans peine, ni dépens. Délibéré fixé au 21 septembre prochain.

msakine@lequotidien.sn

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