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Le procès du maire de Dakar et Cie tient encore en haleine les Sénégalais et surtout ses souteneurs. Après la déclaration de sa candidature à la Présidentielle de 2019, les inconditionnels de Khalifa Sall piaffent d’impatience pour voir si leur leader aura les coudées franches pour  solliciter les suffrages de ses concitoyens afin de diriger le pays, à l’issue de la décision que la Cour d’appel de Dakar donnera ce matin. Du côté du Pds, on reste aussi à l’écoute de la Cour suprême qui va rendre aussi aujourd’hui son verdict sur le recours relatif à l’éligibilité de son candidat Karim Wade.

Après avoir boycotté son audience en appel avec les avocats qui assuraient sa défense, Khalifa Sall a manifesté son intention de présider aux destinées du pays. Mais, cette volonté du maire de Dakar d’être candidat à la Présidentielle de 2019 va-t-elle se réaliser ?  La réponse à cette question reste suspendue à la décision que va rendre aujourd’hui le juge Demba Kandji.  En tout cas, si le président de la Cour d’appel suit les conseils du Procureur général, le maire de Dakar pourrait reléguer aux calendes grecques ses ambitions présidentielles. Car, Lassana Diaby, qui avait tenu à repréciser sa pensée après son premier réquisitoire qui avait fini d’enfler la polémique sur l’arrêt de la Cedeao,  a demandé de retenir Khalifa Sall et Cie dans les liens de la prévention. Il a requis à son encontre la confirmation de la peine infligée par le premier juge à savoir 5 ans ferme et une amende de 5 millions de francs plus la confiscation des 3/4 des biens de Khalifa Sall.
Aujourd’hui tous les yeux sont tournés vers Demba Kandji qui va rendre sa décision dans ce procès où le principal prévenu a brillé par son absence. Va-t-il aussi s’inscrire dans la même logique que le Procureur général en confirmant la décision de son collègue de la première instance ou bien va-t-il corser l’addition en grillant toutes les cartes du maire de Dakar d’être candidat à l’élection présidentielle de 2019 si on sait que le Code électoral n’admet pas les personnes condamnées à des peines égales ou supérieures à 5ans.  C’est en fait l’argument brandi par le pouvoir en place pour rejeter la candidature du fils de l’ancien Président Abdoulaye Wade.
D’ailleurs Karim Wade attend aussi la décision  du Conseil constitutionnel qu’il a saisi par l’entremise de ses camarades de parti pour se prononcer sur sa candidature. Mais, «l’unique candidat» du Pds ne semble pas attendre quelque chose de positif sortir du Conseil constitutionnel. Il ne cesse de multiplier les attaques contre dirigeants de cette institution.
Avant-hier, il a fait une sortie incendiaire en s’attaquant au juge Badio Camara  qu’il a traité de complicité avec le président de la République Macky Sall. En tout cas, ses multiples attaques à l’encontre de cette institution n’ont pas laissé de marbre le gardien de la Constitution. En sa qualité de président de la République, Macky Sall sans le nommer a tenu à le prévenir de ses écarts de langage. «Je voudrais dire aux uns et aux autres de faire preuve d’un peu plus de respect envers la République, le pays et ses institutions. De faire preuve de respect  envers la justice de notre pays. Nous ne pouvons plus accepter que nos magistrats soient insultés à longueur de journées par des gens qui pensent que la République a été faite pour qu’ils marchent dessus. Il faut qu’ils comprennent que nous vivons en République et en démocratie», a-t-il déclaré. Tout comme Khalifa Sall, Karim Wade attend aussi les juges du Cour suprême.
justin@lequotidien.sn

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