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L’Union nationale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (Unapas) emboîte le pas au Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes). Ces pêcheurs artisanaux sont montés au créneau hier, pour attirer l’attention du président de la République sur l’éventuelle délivrance de nouvelles licences de pêche à 56 navires chinois. Ce qui d’après eux, va accentuer davantage le pillage des ressources halieutiques du Sénégal.

L’Union nationale des pê­cheurs artisanaux du Sénégal (Unapas) a lancé hier mardi, une alerte en direction de l’Etat et du président de la République contre le pillage programmé des ressources halieutiques du Sénégal. La section de Saint-Louis de cette organisation, qui regroupe plusieurs milliers de pêcheurs, faisait face à la presse mardi, pour dénoncer la délivrance imminente de 56 nouvelles licences de pêche à des bateaux chinois.
Moustapha Dieng, Secrétaire général du Syndicat autonome des pêcheurs artisanaux du Sénégal et porte- parole du jour de l’Unapas, explique que ce point de presse fait suite à une lettre ouverte adressée par le Groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaipes) au ministre de la Pêche et de l’économie maritime à propos d’une commission d’attribution de licences de pêche qui doit se réunir incessamment pour l’attribution de 56 nouvelles licences à des bateaux chinois. Cette lettre a été suivie d’une déclaration de toutes les organisateurs du secteur de la pêche du Sénégal, à savoir le Conseil national interprofessionnel de la pêche artisanale du Sénégal (Conipas), l’ Union régionale des pêcheurs artisanaux du Sénégal (Urpas), le réseau des Conseils locaux de pêche artisanale (Clpa) du Sénégal, le réseau des quais de pêche du Sénégal, le réseau des femmes de la pêche du Sénégal et le Syndicat des pêcheurs autonomes du Sénégal, selon Moustapha Dieng, qui indique que c’est dans cette logique que la branche de l’Unpas de Saint-Louis a tenu à faire elle aussi une déclaration pour «attirer l’attention du président de la République sur la situation dramatique que vit le secteur de la pêche en ce moment, mais aussi sur la gestion dangereuse des ressources halieutiques de notre pays par le ministère de la Pêche». Pour Moustapha Dieng, avec l’exploitation du pétrole et du gaz qui a été annoncée pour l’année prochaine, à Kayar, Sangomar, il va rester peu de place pour la pêche. Ce petit espace qui va rester, explique-t-il, est partagé par les pêcheurs avec 150 navires officiant au Sénégal auxquels s’ajoutent 38 navires européens dont les contrats ont été renouvelés au mois de décembre et qui «depuis 2015,  pillent les ressources halieutiques de notre pays». A cela s’ajoute d’après Moustapha Dieng, le fait que plus d’une vingtaine de navires chinois et turcs sont arrivés au Sénégal depuis l’année dernière. La conséquence de tout cela, fait remarquer le porte-parole du l’Unapas, c’est que depuis le mois de janvier, le poisson s’est fait rare dans les quais de pêche et les marchés du Sénégal. Ces bateaux ont en effet, selon M. Dieng, une capacité dépassant même parfois 300 tonnes de poissons par jour.  Pour toutes ces raisons, le secteur de la pêche est plus que jamais menacé, à en croire les membres de l’Union nationale des pêcheurs artisanaux, qui ont profité de l’occasion pour inviter le président de la République à veiller à ce que ces 56 nouvelles licences de pêche ne soient jamais accordées aux navires chinois. Et de convier les acteurs de la pêche autour d’une table pour voir comment réduire le nombre de navires de pêche opérant au Sénégal pour que la population puisse bénéficier des ressources pêchées dans nos eaux. «Nous ne voulons pas que des Chinois, des Turcs et des Européens viennent nous prendre le pain de la bouche. Monsieur le président de la République, les populations vous demandent de ne pas laisser faire une telle forfaiture», alerte le porte-parole de l’Unapas.

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