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Echec pour Yahya Jammeh. Le Président sortant de la Gambie qui comptait sur la Cour suprême, à travers des arguments juridiques pour justifier la prolongation de son mandat, devra s’en prendre à lui-même. En effet, hier lundi le président de la Cour suprême de Gambie, Emmanuel Fagbenle, s’est tout simplement récusé. Ce dernier avait été saisi par le Président Yahya Jammeh pour faire annuler la cérémonie d’investiture de son successeur, Adama Barrow. Pour justifier sa récusation, le président de la Cour suprême de Gambie déclare : «Ce recours attendra que la Cour suprême soit constituée ou bien le temps de permettre aux juges d’arriver en Gambie.»
Aux yeux donc de ce magistrat, il n’est pas possible pour la juridiction qu’il dirige de statuer sur la demande d’annulation de la cérémonie d’investiture de Ada­ma Barrow, introduite par son prédécesseur. Cet examen ne peut se faire, note le magistrat, tant que la Cour suprême n’aura pas au préalable statué sur les contentieux électoraux soulevés par Yahya Jammeh le mois dernier.
Or, cette Cour ne sera pas opérationnelle avant mai, avait indiqué le mardi 10 janvier dernier à Banjul le président de la Cour suprême, Emmanuel Fagbenle.
Il faut souligner que la requête déposée jeudi dernier par Yahya Jammeh a des allures d’une injonction. Puisque le Président sortant de la Gambie demande à la Cour suprême de son pays d’ordonner «une interdiction» à toute personne investie de pouvoir judiciaire de permettre à Adama Barrow, le Président élu, de prêter serment ce jeudi.
L’on se rappelle que la semaine dernière, à cause de l’absence de la plupart des magistrats qui doivent siéger dans cette Cour, la haute juridiction gambienne n’avait déjà pas pu se réunir. Conséquence : jusqu’en mai prochain, la Cour suprême n’est pas en mesure de se prononcer sur les autres recours déposés par M. Jammeh.
mdiatta@lequotidien.sn

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