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Les khalifistes se sont mobilisés, samedi, pour se faire entendre par le gouvernement de Macky Sall. Selon eux, c’est une «forfaiture» pour le procureur de la République de demander la levée de l’immunité parlementaire du maire de Dakar.

C’est une marée humaine qui a occupé le rond-point Centenaire. L’ambiance est époustouflante. Le tout dans un décor inhabituel. Jeunes, opposants et femmes étaient venus de tous bords, habillés en tee-shirts blancs assortis de casquettes rouges pour certains, et des banderoles de même couleur pour d’autres. Le combat est unique pour ces khalifistes qui lancent des slogans : «Libérer Khalifa !», «Dafa doy (ça suffit) !». Tous dénoncent en chœur l’«injustice» faite à leur mentor et réclament sa libération «immédiate». Pour eux, Khalifa Sall est un «otage politique». Il y avait aussi d’autres pontes de l’opposition. «Tous les Sénégalais devaient être présents à ce rassemblement. C’est un combat collectif qui s’inscrit dans le cadre de la défense des principes et des libertés de Khalifa Sall. Si le procureur parle aujourd’hui de la levée de l’immunité parlementaire, cela veut dire que le maire de Dakar en disposait déjà. Donc, c’est un otage politique, c’est de l’injustice», assène Thierno Bocoum, démissionnaire de Rewmi. Mais ce débat sur la levée de l’immunité parlementaire de Khalifa Sall sidère aussi les khalisfistes qui relèvent une «contradiction flagrante» du gouvernement Sall. «Je ne comprends pas comment ce gouvernement nul de Macky a pu mettre la main sur Khalifa Sall, l’espoir de toute une ville, le premier magistrat de la capitale. Il n’y a plus d’Assemblée nationale au Sénégal. Je ne comprends pas comment le président de l’Assemblée nationale peut rester et ne rien faire alors qu’un député protégé par le Règlement intérieur voit ses droits violés», s’étonne Me El Hadj Diouf. «Cette Assemblée est une peureuse. Un député ne peut être ni poursuivi ni arrêté, ni jugé ni condamné. Je me demande si la justice sénégalaise parle français. Le Conseil constitutionnel reconnaît à Khalifa sa fonction de député. Par conséquent, le pouvoir en place a violé la Constitution en le maintenant en prison. C’est honteux !», a dit le député sortant et avocat du maire de Dakar.
Et le concert de tirs contre le pouvoir se poursuit. Aminata Diallo estime que ce rassemblement est un «avertissement» pour Macky Sall. «On a jamais vu dans l’histoire de la démocratie africaine et occidentale un député protégé par son immunité parlementaire en prison. Si ceux qui doivent défendre la Constitution se permettent de piétiner celle-ci, ça ne peut qu’être dommageable», fustige-t-elle. A son tour, Bassirou Samb, président des jeunes khalifistes, de s’interroger : «Est-ce que le droit a toujours le sens qu’il avait ? Notre démocratie agonise, notre droit souffre parce que nous sommes dirigés par un pouvoir qui n’est obnubilé que par un second mandat. Il faut que la jeunesse se mobilise pour dire non à Macky Sall. Le pays présente tous les signes d’une dictature primaire. Il faut se ceindre les reins pour faire face à Macky, car trop c’est trop.»
Stagiaire

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