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Malgré les retards notés dans le processus d’obtention de son permis d’exploitation aérienne, la nouvelle direction de la compagnie nationale Air Sénégal Sa est décidée à tenir les délais imposés par la volonté présidentielle d’ouvrir l’aéroport de Diass le 7 décembre par un vol de la compagnie aérienne nationale. Le nouveau Dg et son équipe se sont mis à l’œuvre d’arrache-pied, en faisant fi des critiques.

Macky Sall a tapé du poing sur la table pour réaffirmer sa volonté de voir l’aéroport Aibd commencer à fonctionner dès le 7 décembre prochain. Et il faudrait qu’en ce moment-là, la nouvelle compagnie nationale Air Sénégal Sa puisse être en mesure d’entamer son décollage. En interne, le staff se dit motivé, bien que le challenge semble important. En effet, l’une des causes du retard des activités de la compagnie est le cafouillage observé dans l’obtention du Permis d’exploitation aérienne (Pea). Des dysfonctionnements internes, plus imputables à l’ancienne équipe dirigeante, selon les informations recueillies par Le Quotidien, ont fait que le processus d’obtention du sésame n’a pas été respecté. Au point que l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacim), seule entité au Sénégal habilitée à délivrer le document, a été tentée de tout reprendre de zéro.
En effet, pour obtenir le fameux permis d’exploitation aérienne, l’Organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) impose entre autres, le recrutement en bonne et due forme de tout le personnel-clé, parmi lequel un dirigeant responsable, un responsable des opérations de vol, un responsable des opérations au sol, un responsable formation, un res­ponsable technique, un responsable qualité, un responsable sûreté et un responsable sécurité. De source interne, on fait remarquer que «les manquements de l’ancienne direction ont ralenti et bloqué le processus d’obtention du Pea à une phase préliminaire dite «Phase II» sur un total de cinq phases que compte la certification». Pour montrer la légèreté de la gestion écoulée, dont même se seraient rendu compte les autorités de tutelle, un rapport d’audit relève in extenso les innombrables non-conformités qui ont bloqué l’achèvement de la phase II du processus d’obtention du Pea.
L’actuelle Direction générale de Air Sénégal s’attèle à rattraper les maladresses et tâtonnements dans la gestion et le suivi du processus pour la délivrance du Permis d’exploitation aérienne, afin de permettre à la nouvelle compagnie Air Sénégal Sa d’effectuer ses vols commerciaux le plus vite possible.
Le Quotidien a appris que compte tenu de la rigueur exigée par le processus de certification et afin de s’assurer de la pleine conformité de celui-ci, l’Anacim souhaiterait reprendre intégralement le processus depuis le début, soit depuis la phase I, et ce, en adéquation avec les standards de l’Oaci. Il faudrait savoir qu’un processus de certification de compagnie aérienne requiert d’ordinaire après la «phase II», un délai de plusieurs mois, comme ce fut le cas pour Transair qui a dû être re-certifiée sur demande de l’Oaci. On peut croire que les efforts déployés par la nouvelle équipe dirigeante permettront d’aller beaucoup plus vite.
Créée depuis avril 2016, la nouvelle compagnie Air Sénégal Sa a longtemps fait du sur-place dans sa mise en œuvre et a connu un pilotage des plus hasardeux, marqué dès l’entame par de graves vices dans le recrutement du personnel. Il se dit que Air Sénégal est restée près de deux années sans aucune organisation interne, sans comptes certifiés, sans distribution de responsabilités, ni aucun organigramme conforme aux standards internationaux. Philippe Bohn a donc dû mettre les bouchées doubles pour tenter de se conformer au cahier des charges qui lui a été donné. Avec, espère-t-il, le soutien de tous ses collaborateurs et de tous les acteurs impliqués.
mgueye@lequotidien.sn

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