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L’ouverture officielle du «Festival camera 72» a été marquée par les deux films de Laurence Attali à savoir «Moustapaha Dimé» et «Mourtala Diop : Le voyageur de l’art», qui ont été projetés. Ce, dans le but de rendre hommage aux artistes qui nous ont quittés et qui figuraient dans ces films.

Pour l’ouverture de la 1ère édition du festival Camera 72, l’initiateur a préféré ne projeter que des films qui parlent d’art essentiellement, des documentaires artistiques courts et longs métrages. Une façon de rendre hommage aux artistes qui nous ont quittés. «Beaucoup d’artistes disparus figurent dans ces films. Moustapha Dimé il n’est plus avec nous, Seny Mbaye, Ibrahima Kébé et beaucoup d’autres artistes aussi. Donc c’est une façon de leur rendre hommage», a expliqué Alioune Diop, journaliste culturel, promoteur et fondateur dudit festival. Un hommage pour lequel M. Diop a projeté 2 films de Laurence Attali, d’après lui, pour se souvenir vraiment de ces gens qui ont valorisé les arts plastiques au Sénégal et les arts plastiques du Sénégal dans le monde. Ces deux films projetés sont Moustpha Dimé, retrouvé vers les années 90 dans son atelier sis à Gorée. Sculpteur, lauréat de la biennale de Dakar à l’époque, il a dans ce documentaire raconté son parcours et le bonheur qu’il se procurait en sculptant la femme. La preuve, ¾ de ses œuvres représentent la femme. L’autre film est «Mourtala Diop : Le voyageur de l’art». Ici, l’artiste y raconte comment il a pu partir de Dakar en 1965 avec quelques masques africains dans son sac pour Marseille pour les vendre sur les marchés, puis c’est Lyon et Paris, et enfin l’Amérique où s’effectue le premier échange avec l’art contemporain occidental.
Le Festival camera 72, est un vieux projet de Alioune Diop. «Je viens de réaliser cela c’est vrai mais j’ai toujours pensé à ça sur l’intitulé, le contenu», confirme-t-il. Son objectif est de valoriser le travail des réalisateurs ensuite permettre aux arts d’avoir un autre support promotionnel et puis renforcer aussi modestement à sa manière, l’agenda culturel et touristique du Sénégal. M. Diop a annoncé par ailleurs, que pour les rencontres du film musical, il y aura une deuxième édition à la fin de l’année 2020.

Un festival qui vient à son heure
«Ce que nous pouvons retenir de l’organisation de Caméra 72, c’est qu’il y avait un manque», a soutenu pour sa part le professeur Massamba Guèye. Il explique : «Parce que généralement nous considérons l’événement juste artistique mais ici le sujet, il est aussi artistique.» A l’en croire, c’est un festival thématique avec une possibilité pour le cinéphile de savoir à quoi s’attendre. «Tous ceux qui vont venir et tous ceux qui étaient là l’après-midi ont vu deux créations d’une même réalisatrice Laurence Attali. Mais pourtant sur deux sujets différents, c’est-à-dire le premier film sur Moussa Dimé qui est mort en 1993 porte sur la conception moderne de la sculpture africaine et le deuxième porte sur ce que devient la production artistique», souligne M. Guèye. La qualité de ces films ne le laisse pas indiffèrent. «Dans le 2e film, quand on regarde les rues de Dakar, les voitures, on arrive à dater l’époque et c’est ce qui nous manque aujourd’hui pour nos élèves et étudiants. Donc, je salue l’initiative», a-t-il dit. Il a par ailleurs relevé qu’il fait partie des nouveaux producteurs qui n’attendent pas l’Etat pour avoir les moyens qu’il faut. «Nous allons investir. Il est possible que quelqu’un puisse vivre de l’art, vendre de l’art, être autonome et se passer de l’Etat. Une fois qu’on aura cette assise-là, l’Etat va nous suivre», a-t-il assuré. Pr Guèye précise toutefois que le soutien de l’Etat doit être logistique. «Le véritable soutien, c’est que les banques leur fassent confiance, leur prêtent de l’argent pour qu’ils investissent et grandissent de sorte à être autonomes», dit-il.
mfkebe@lequiotidien.sn

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