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Dans la localité de Kothiary, située dans le département de Goudiry, les paysans n’ont pas encore le sourire. Après avoir déterré et mis en sacs leurs productions, ils attendent toujours acquéreur. La campagne arachidière peine encore à démarrer effectivement, malgré la sortie des homologations.

A Kothiary, les producteurs d’arachide ne rient pas à gorge déployée. La campagne arachidière lancée depuis près d’un mois maintenant, peine encore à être effective dans cette partie orientale du pays.  Située dans le département de Goudiry, à moins de trente kilomètres de Tambacounda, cette zone de production agricole, malgré la situation catastrophique de l’hivernage qui a mal terminé, n’a pas encore connu de campagne de commercialisation arachidière. Serigne Fallou Lô, président de la coopérative des producteurs confirme : «Ici, il n’y a pas encore de campagne de commercialisation. Bien que les homologations soient sorties, la disponibilité des notifications émanant du ministère et le manque de financement plombent la situation». Jusque-là, fait noter le président de la coopérative des producteurs d’arachide de Kothiary, «une seule graine d’arachide n’a été commercialisée à Kothiary. Et, c’est d’ailleurs pourquoi, les paysans bradent à tour de bras leurs récoltes dans les marchés hebdomadaires dont la ville dispose un, de renom. Chaque lundi, jour du marché hebdomadaire, ce sont des centaines de Kg d’arachide qui sont vendues dans le Loumo, chez les exportateurs et les huiliers qui investissent le marché».

Sécuriser les semences
Pour M. Lô, «L’Etat doit faire de sorte que les exportateurs et les huiliers ne précédent pas les semenciers sur le marché. Sinon, les bonnes productions qui devaient servir de semences pour la campagne à venir seront vendues aux huiliers ou aux exportateurs qui en font d’autres usages. L’Etat doit tout faire pour sécuriser les bonnes semences, bases d’une agriculture de développement. Aujour­d’hui, allez dans les marchés hebdomadaires ou dans les autres endroits de commerce, les privés y sont installés avec leur argent, prêts à acheter n’importe quelle quantité de graines  qui leur serait proposée, et souvent à des prix de loin meilleurs. Il faut que l’Etat sécurise les semences».    Certes souligne le producteur, «il y a des textes interdisant le bradage des productions mais, les paysans ne peuvent pas continuer d’attendre dans la souffrance, pendant que des privés sont là présents avec leur argent, prêts à acheter leurs productions à des prix, souvent meilleurs que ceux proposés par l’Etat. Les producteurs contourneront tous les plans mis en œuvre, tant qu’une solution urgente n’est pas trouvée à leur longue attente».

Baisse des productions
Pour cette année, immanquablement, les rendements agricoles vont chuter. Pour cet hivernage, il n’a pas plu durant plus de 2 mois, explique Fallou Lô. Et cela aura forcément des répercussions sur les rendements agricoles. Les spéculations utilisées dans la zone comme l’arachide ont besoin d’au moins 90 jours pour atteindre leur maturité. L’hivernage de cette année, s’est arrêté depuis le 24 septembre dernier donc, forcément, il y aura des conséquences sur les récoltes, se désole le président de  la coopérative des producteurs.
afall@lequotidien.sn

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