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Lors de la session de formation des magistrats en vue de  l’élection présidentielle, le premier président de la Cour d’appel de Dakar a regretté que la Commission nationale de recensement des votes ne bénéficie pas du même respect que le Conseil constitutionnel, la Cena et le Cnra.

«La Magistrature est saine, solide et indépendante. Arrê­tons, il n’y a pas de crise interne», a martelé Demba Kandji hier au cours de la session de formation des magistrats en prélude à la Présidentielle. Sur place, il a insisté sur l’importance de la Commission nationale de recensement des votes qui est au même titre que le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) et le Conseil constitutionnel (Cc), le ministère de l’Intérieur et la Commission électorale nationale autonome (Cena) partie intégrante du processus électoral. Malheureuse­ment, regrette Demba Kandji, «la Commission nationale de recensement des votes n’a pas le même respect que le Cnra, le Conseil constitutionnel ou la Cena, ce qui est anormal». D’après lui, elle a un grand rôle à jouer. «Seulement, elle n’est pas regardée avec le même respect que les autres», regrette le magistrat. Pourquoi ? «Cela est dû à une perception selon laquelle la Cour d’appel relève du ministre de la Justice. Il ne nous associe pas et c’est déplorable», dénonce Demba Kandji qui a rassuré que «la Magis­trature s’est toujours acquittée avec impartialité, objectivité, indépendance des missions qui lui ont été confiées». «Si une seule erreur entachait cette mission, ce serait préjudiciable pour l’équilibre fragile de nos démocraties», dit-il.
Dans la même veine, le président de l’Ums, Souleymane Téliko, campe les enjeux du travail qu’abat la commission. «Les dysfonctionnements dans le comptage des voix sont dus à des problèmes de décompte matériels et de maîtrise de la confection des procès-verbaux», avance-t-il en soutenant en revanche «que les magistrats sont outillés, mais c’est une habitude à l’occasion de chaque veille d’élections que la Cour d’appel et la Commission nationale organisent des sessions de formation et cela s’explique par le fait qu’il y a de nouveaux magistrats qui ont besoin d’être renforcés en ce sens que le Code électoral fait souvent l’objet de modifications». Il émet des regrets : «La Cour d’appel reçoit son budget très tardivement et cela ne lui permet pas d’organiser une session de formation approfondie. Elle doit également avoir un budget suffisant pour dispenser les formations adéquates aux magistrats et mettre aussi à la disposition de la Cour d’appel et de la Commission nationale des véhicules en nombre suffisant pour permettre le déploiement à temps sur le terrain.»
En tout cas, le premier président de la Cour d’appel de Dakar n’a pas manqué de rappeler que le combat de l’Union des magistrats sénégalais (Ums) est aussi celui de toute la corporation. «L’Ums est notre seul cadre d’expression et non de revendication», a dit le président de la Commission na­tionale de recensement des votes.  A l’en croire, tous les juges sont inclus dans le projet de l’Ums. C’est pourquoi il les a invités à tirer vers le même sens. «On ne doit laisser personne sur le bord du chemin. Raison pour laquelle il n’y a pas de doute sur l’indépendance de la justice. Ne rasons pas les murs», conseille le premier président de la Cour d’appel.
justin@lequotidien.sn

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