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La démolition de maisons dans la commune de Tivaouane Peulh-Niagues s’est poursuivie vendredi pour une 3ème journée consécutive. Sous l’escorte des éléments de la gendarmerie, trois bulldozers en action ont réduit en poussière les constructions supposées érigées sur l’axe où va être réalisée la Vdn. Regard impuissant, des propriétaires de maisons ont fondu en larmes alors que d’autres promettent d’assouvir leur vengeance lors des Législatives. Poussant le dépit plus loin, d’autres ont même craché sur leur nationalité sénégalaise. Le maire de la localité, Momar Sokhna Diop, regrette la procédure alors que la Dscos promet de faire le point lundi prochain.

cite-tobago2C’est une scène qui se répète depuis trois jours : Des engins démolisseurs en action, trois exactement, sous la protection d’éléments de la gendarmerie et des populations déboussolées qui assistent impuissantes au terrassement de leurs maisons. Depuis mercredi, c’est cette situation qui prévaut dans la commune où les habitants sont si dépités de la situation qu’ils renoncent même à être citoyens sénégalais. «On n’a plus espoir au Sénégal, un pays où les pauvres citoyens sont dépossédés de leurs biens par plus forts avec la complicité de l’Etat. Désormais, nous ne nous adressons plus à Macky Sall qui nous fait la sourde oreille depuis lors. Nous nous adressons au président de la Gambie, du Mali et de Guinée pour qu’ils nous reçoivent chez eux, nous en avons assez de vivre au Sénégal», a pesté vendredi Ndiaga Diaw. Lui emboîtant le pas, Mamadou Diop qui a déploré les nombreux appels à Macky Sall restés sans suite d’affirmer : «Actuellement, on fait appel à son Excellence le Président du Mali, le Président de la Gambie, Adama Barrow, le Président de la Mauritanie en tant qu’Africains de venir nous aider, nous recevoir pour nous caser dans leur pays (Sic)». «Le Sénégal est le seul pays où on rase les bâtiments des pauvres sans sommation. Il n’y a que l’argent qui compte ici», a-t-il poursuivi. Vendeur de café Touba depuis 2006, activité avec laquelle il a acheté un terrain et l’a bâti pour caser sa famille, Abibou Ndiaye se prépare ce vendredi à sa première nuit comme sans-abri. «Macky Sall nous a humiliés. Je ne sais pas où aller et où passer la nuit, ma maison a été complètement rasée», s’est-il lamenté, les larmes aux yeux sous le regard triste de sa femme en train d’allaiter son bébé. A ses pieds, ce qui reste de ses bagages sauvés in extrémis avant le passage des bulldozers. «C’est l’œuvre de la Sipres, de la Dscos, de Macky Sall et de la mairie de Tivaouane Peulh qui travaillent en parfaite collaboration pour nous ravir de nos terres», a réagi le chef de quartier de la localité. Sa maison fait partie de celles à démolir ; ce qu’il ne compte pas laisser passer sans effet. «J’y mets ma vie ou celle de toute personne qui va s’y aventurer», a-t-il menacé, prédisant même la fin du régime actuel. Pour Amadou Diallo, les Législatives de juillet seront une bonne occasion pour assouvir leur colère. «On va voter contre Macky Sall, il perdra Tivaouane Peulh», a-t-il fait savoir en réaction aux propos de ses jeunes collègues parlant d’un refus d’aller voter.

Le maire indexe la méthode de la Dscos
Le maire de la commune, Momar Sokhna Diop, «affecté» par cette situation, a déploré des «procédures biaisées» dans cette opération de démolition. «Nous avons informé le gouverneur et le préfet et ils nous ont dit que des dispositions seront prises, mais malheureusement nous constatons que jusqu’à ce jour les démolitions continuent», a-t-il fait savoir vendredi avec la crainte que l’opération pourrait se poursuivre samedi (aujourd’hui). «Nous constatons la venue de la Dscos pour une 3ème fois dans la commune avec des démolitions à un rythme effréné», a poursuivi l’édile de la commune. «La Dscos est venue dans le site sans informer la commune et s’est mise à détruire des maisons. Même si c’est pour la réalisation d’une Vdn, nous pensons que les impenses doivent être payées au préalable ; ce qui n’a pas été fait. Des centaines de maisons ont été détruites et la population est très inquiète», a-t-il ajouté, d’avis que des dispositions doivent être mises en place pour que les sinistrés rentrent dans leurs droits.
Au niveau de la Dscos, aucune information n’a filtré. Interrogé par des confrères, le colonel Pape Saboury Ndiaye, commandant cette direction, a juste promis de faire une communication lundi prochain pour faire le point.
abndiaye@lequotidien.sn

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