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Le gouvernement parle de limogeage malgré sa lettre de démission – Le Pm assure l’intérim pour signer l’accord avec Total

Macky Sall et son ministre de l’Energie n’étaient pas sur la même longueur d’ondes concernant le prix de cession des blocs cédés à Total. Faute d’infléchir la position du chef de l’Etat, Thierno Alassane Sall a été obligé de présenter sa démission et laisser le Premier ministre signer un accord que lui n’a pas voulu approuver.

Hasard de calendrier ou coïncidence, les interrogations sont légitimes quand la signature des accords entre Total et le gouvernement du Sénégal intervient justement le jour même où l’on apprend la démission ou le limogeage du ministre de l’Energie et des énergies renouvelables, Thierno Alassane Sall. Mais le Pdg de Total, Patrick Pouyanné, a refusé de s’immiscer dans le débat. Tout juste a-t-il consenti à dire que Thierno Alassane Sall n’a pas été un obstacle à l’aboutissement de ces négociations. «Je ne pense pas qu’il ait été un obstacle, puisque j’ai le représentant du ministre qui est présent à mes côtés. Nous avons lancé ces discussions en décembre lors de la visite du Président Macky Sall à Paris, où nous avons signé ce protocole d’accord. Le ministre de l’Energie était présent. (…) Les négociations avec le ministre et avec Petrosen nous ont forcés à améliorer notre offre et elle a été retenue. N’attendez pas de ma part que je fasse des commentaires. J’ai pu signer avec un Premier ministre, ministre de l’Energie cet après-midi», s’est contenté de dire M. Pouyanné.
Pourtant, Le Quotidien a appris que c’est justement à cause dudit accord que Thierno Alassane Sall a fini par claquer la porte du gouvernement. Et si justement le Premier ministre a été désigné pour assurer l’intérim du ministre démissionnaire, c’était pour éviter de devoir retarder sa signature. «Un autre ministre assurant l’intérim aurait demandé du temps pour s’imprégner du dossier et on n’aurait pas pu finaliser en présence des dirigeants de Total. Le chef de l’Etat a choisi la meilleure solution qui permettait de ne pas perdre de temps», a assuré un membre du Cabinet du ministre démissionnaire.
En fait, le ministre de l’Energie a claqué la porte quasiment en présence des plénipotentiaires de Total. Depuis plusieurs mois, Thierno Alassane Sall aurait demandé à ce que Total revoie à la hausse le prix d’achat des blocs qui lui ont été concédés. Il trouvait que la compagnie française payait, proportionnellement, énormément moins que n’ont dû débourser les autres compagnies implantées sur le territoire maritime sénégalais ; ce qu’implicitement Patrick Pouyanné a confirmé hier, en déclarant qu’ils ont accepté de revoir leur offre à la hausse. La nuance étant que même cette hausse acceptée restait toujours aux yeux de Thierno Alassane Sall bien en deçà de l’acceptable. Et depuis des mois que duraient les négociations, le ministre tentait d’obtenir de Total des concessions importantes.
Mais selon les personnes qui ont parlé au journal Le Quo­ti­dien, son obstination ne rencontrait pas toujours l’agrément de son gouvernement. Le ministre démissionnaire aurait confié à certains de ses proches que le chef de l’Etat lui aurait avoué qu’il lui fallait la présence de Total dans les eaux sénégalaises «pour des raisons stratégiques», sans pourtant préciser lesquelles. Et le Président le pressait à accepter l’accord tel que préparé par les deux parties.
Mais Macky Sall avait sous-estimé la détermination de son ministre. Celui qui avait tout fait pour rester à l’écart des éclaboussures de l’affaire Franck Timis ne voulait pas se faire tacher par ce qu’il voyait comme les germes d’un futur scandale Total. Et en se rendant à la Présidence hier matin, il avait sa lettre de démission en poche. Quand de guerre lasse, le Premier ministre lui a déclaré que son refus de parapher l’accord avec Total pousserait le Président à «prendre ses dispositions», il lui a déclaré tout de go : «Ne vous en faites pas, j’ai déjà préparé ma lettre de démission», avant de l’exhiber. Pris de court, le chef du gouvernement est allé rendre compte au chef de l’Etat qui, choqué et agacé, a demandé tout de go : «Préparez-moi le décret !» Ce qui fait que l’information sur le prétendu limogeage a failli prendre le pas sur la démission qui l’a précédé.

Le gouvernement parle de limogeage
Il a été annoncé hier, dans la matinée, que Thierno Alassane Sall a démissionné de ses fonctions de ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables. Mais quelque temps après, un communiqué transmis à la presse par le ministre, porte-parole du gouvernement a indiqué le contraire. «Par décret n° 2017-696 du 2 mai 2017, le président de la République a mis fin aux fonctions de Monsieur Thierno Alassane Sall, ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables», annonce Seydou Guèye dans le document. Avant d’ajouter : «Monsieur Mahammad Boun Abdallah Dionne, Premier ministre, est nommé, cumulativement avec ses fonctions, ministre de l’Energie et du développement des énergies renouvelables par décret n° 2017- 697 du 2 mai 2017.»

mgueye@lequotidien.sn – mamewoury@lequotidien.sn

2 Commentaires

  1. On peut donner notre avis motivé par écrit quand on est impliqué dans un processus administratif pour le Pour ou le Contre d’approbation. mais en dernier ressort on doit se soumettre à l’avis de la hiérarchie quand il diffère du nôtre. Il faut de l’humilité, de la discipline, du discernement et le respect rigoureux de la hiérarchie qui en dernier ressort, est seul RESPONSABLE

  2. Je suis vraiment reconnaissant envers ce ministre qui pense avt TT aux intérêts des Sénégalais, il est vraiment un modèle pr TS et TT le gouvernement devrait le prendre comme tel pour faire revenir à la raison M.S Il est entrain de bafouer ts les principes qui avaient fait qu’on l’avait choisit !

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