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Il y a eu désordre hier devant le Conseil constitutionnel. A quelques heures du top départ du dépôt des listes, il y a eu une grosse bousculade. Et Malick Gakou, qui n’a pu digérer l’ordre établi avant l’heure, faisant de Mimi Touré la première à déposer, a déchiré la liste. A minuit, la tension est montée et c’est une autre pagaille. C’est vraisemblablement une avant-première de ce que pourrait être cette Présidentielle.

Une scène surréaliste ! L’adjectif n’est pas de trop pour qualifier le spectacle que les politiques, encore une fois de plus, ont offert hier devant le Conseil constitutionnel. Ils devaient déposer leurs dossiers de candidature pour la Présidentielle de février prochain. Vers 15 heures, Mimi Touré, mandataire de la coalition Benno bokk yaakaar, s’est confortablement assise devant la porte du Conseil constitutionnel. Elle est la première à être sur place. Ass Babacar Guèye de la coalition Idy2019 et Momar Ndiaye de Fipou/Alternative citoyenne l’ont respectivement rejointe. Quelque temps après, Mimi Touré, après avoir pris le soin de se photographier avec les 2 autres mandataires, s’est retirée et a demandé que Amadou Niang la remplace. C’est ainsi que le chargé de mission de la présidence de la République s’est assis à la place de Mimi Touré. 10 minutes après, le gendarme chef de la sécurité du Conseil est venu alors leur expliquer la stratégie mise en place pour éviter les débordements avant minuit, l’heure d’ouverture des dépôts de candidatures. «Vous savez que les dépôts ne se feront qu’à minuit. Nous ne voulons pas de débordements. C’est pourquoi nous proposons d’émarger sur cette liste, comme ça on n’aura pas de problème. Toutefois, seul le mandataire est autorisé à s’asseoir sur la chaise», tempère le chef de sécurité. Amadou Niang, Ass Babacar Guèye et Momar Ndiaye ont accepté de s’inscrire. Entre temps, Benoît Sambou a tenté de faire valoir son statut de «ministre de la République» pour parler avec le chef de la sécurité. Il obtient gain de cause quelques instants après.
Au fil du temps, d’autres mandataires viendront s’inscrire sans problème jusqu’à l’arrivée de Bocar Sadikh Kane, le mandataire de Osez l’avenir de Aïssata Tall Sall. Il a attendu que Amadou Niang se lève pour téléphoner pour s’asseoir sur la chaise du représentant de Mimi Touré. Acculé par Amadou Niang et 3 autres personnes, l’ancien maire de Guédiawaye rappelle que «seuls les mandataires sont autorisés à s’asseoir». Pour baisser la tension, le chef de la sécurité ressort une chaise et la place devant Bocar Sadikh Kane. Amadou Niang y prend place mais les autres mandataires se sentent lésés et se font entendre. Alors que les gendarmes tentent de régler cette scène digne d’une garderie d’enfants, Malick Gakou arrive et demande la liste. «C’est quoi ces histoires de liste ?», s’est-il demandé, avec un langage grossier, Malick Gakou déchire la liste et commence à s’énerver. Les gendarmes, campés derrière les barrières de sécurité, l’appellent. C’est lui-même qui se rendra à l’intérieur sans intervention. Prévenue par son représentant, Mimi Touré revient sur les lieux. Mais en l’absence de liste, les gendarmes ont demandé aux mandataires de sortir des limites sécuritaires. Le leader du Grand parti, en premier, se met devant la barrière juste avant l’entrée et explique qu’il doit être le premier à déposer sa candidature. La liste qu’il a déchirée «n’est qu’un complot pour favoriser Macky Sall», fulmine-t-il.
A la fin du compte-à-rebours, l’ordre est bouleversé après une bousculade entre les représentants des candidats. Et selon la radio Sud fm, Gakou en a profité pour être aux premières loges. De premier, il est passé derrière Mimi Touré.

   mgaye@lequotidien.sn

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